La ville de Casablanca se prépare à accueillir un spectacle artistique qui remettra le nom d’Abdel Halim Hafez sur le devant de la scène grâce à une expérience holographique interactive prévue le 10 avril 2026 au complexe sportif Mohammed V. Cette soirée mise sur la technologie pour faire revivre l’un des plus grands symboles de la musique arabe sur les planches.
L’organisateur confirme que le spectacle sera présenté sous une forme immersive, soutenue par un orchestre en direct et des techniques visuelles avancées, permettant au public de revivre l’atmosphère des concerts de « l’Oiseau Noir » comme s’ils prenaient vie à nouveau. L’événement s’inscrit dans une tournée artistique qui utilise les derniers systèmes de projection en trois dimensions et la scénographie numérique, mêlant archives artistiques et intelligence artificielle pour recréer le son, l’image et le mouvement.
La société de production a précisé que le spectacle repose sur un accord légal avec le producteur Mohsen Jaber, qui détient les droits d’exploitation d’un certain nombre d’œuvres d’Abdel Halim. Elle indique que ce type de concert n’est pas une première, plus de 25 spectacles similaires ayant déjà été organisés en Égypte et à l’étranger.
Le débat soulevé va au-delà de cet événement particulier, relançant la question de la distinction entre les droits de propriété intellectuelle des œuvres artistiques et les droits liés à l’image, au nom et à l’héritage moral de l’artiste après sa mort. Le Maroc a déjà expérimenté une démarche similaire. Lors de la session 2024 du festival Mawazine, le nom d’Oum Kalthoum avait été présenté sur scène grâce à la technique holographique, captivant un large public et suscitant une forte interaction, motivée par la nostalgie pour l’âge d’or de la musique et la curiosité pour les technologies modernes.
Dubaï avait également accueilli un concert d’Abdel Halim en 2021 utilisant la même technique, témoignant de la transformation de ces spectacles en industrie de divertissement transfrontalière, exploitant la symbolique des grandes figures disparues et la puissance de la nostalgie.
D’un point de vue technique, l’hologramme repose sur des systèmes de projection de haute précision et des écrans réfléchissants ou transparents qui créent une illusion optique en trois dimensions, soutenue par des logiciels reconstruisant les traits et les mouvements de l’artiste à partir d’archives visuelles et sonores, avec des possibilités d’amélioration numérique du son via des outils d’intelligence artificielle.
Alors que certains voient dans ces spectacles un moyen de revivre le patrimoine et d’initier les nouvelles générations à ses icônes, d’autres les jugent comme des imitations dépourvues de « l’âme du moment » qui caractérise un concert vivant. Le spectacle de Casablanca reste donc un nouveau test de la capacité de la technologie à toucher une mémoire collective qui conserve encore l’image d’Abdel Halim comme un son vivant et non simplement une lumière projetée sur scène.



