À GITEX Africa 2026, Salesforce confirme son offensive stratégique sur le continent en présentant Agentforce, une plateforme conçue pour accompagner la transition vers ce que l’entreprise qualifie d’« entreprise agentique ».
Derrière ce concept, un changement de modèle : l’intelligence artificielle ne se limite plus à assister les opérations, elle participe directement à leur exécution.
L’initiative s’inscrit dans une évolution plus large du secteur logiciel, marqué par le passage d’outils fonctionnels à des systèmes capables d’orchestrer automatiquement des processus métiers. Concrètement, Agentforce repose sur l’intégration de quatre composantes clés : utilisateurs, agents IA, applications et données, dans un environnement unifié visant à fluidifier les opérations et à réduire les coûts liés aux tâches répétitives.
Selon les données communiquées par le groupe, la solution affiche une adoption rapide, avec 29 000 contrats signés en quinze mois et plus de 2,4 milliards d’unités de travail agentique exécutées. Cette métrique, propre à Salesforce, vise à quantifier les tâches automatisées réalisées par les agents IA. L’objectif affiché est double : améliorer la productivité et générer un retour sur investissement mesurable à court terme.
Sur le plan économique, cette approche répond à une demande croissante des entreprises pour des solutions capables d’optimiser leurs opérations dans un contexte de pression sur les marges et d’accélération digitale. En Afrique, où les infrastructures technologiques se développent rapidement, ce type de plateforme pourrait permettre un saut qualitatif en matière d’organisation et de compétitivité.
La stratégie de Salesforce ne repose toutefois pas uniquement sur la technologie. L’entreprise met en avant un cadre d’accompagnement des transformations internes, articulé autour du « 4R Playbook » — Redesign, Reskill, Redeploy, Rebalance. Ce dispositif vise à adapter les compétences aux nouveaux environnements de travail, en repositionnant les ressources humaines sur des fonctions à plus forte valeur ajoutée.
Dans cette logique, la notion d’« AI fluency » devient un enjeu central. Elle renvoie à la capacité des organisations à intégrer efficacement l’intelligence artificielle dans leurs processus, tout en maintenant un rôle stratégique pour le capital humain. Pour Salesforce, la complémentarité entre l’humain et la machine constitue un facteur clé de performance à moyen terme.
Parallèlement, le groupe s’appuie sur un écosystème de partenaires locaux pour accélérer le déploiement de ses solutions. Son architecture ouverte permet à des acteurs régionaux de développer des applications adaptées aux spécificités des marchés africains, renforçant ainsi la diffusion de l’innovation et la structuration d’un tissu technologique local.
La présence de Salesforce à GITEX Africa s’inscrit dans une dynamique plus large de positionnement sur un continent en pleine transformation numérique. L’événement, qui gagne en envergure à chaque édition, s’impose progressivement comme une plateforme de référence pour les acteurs technologiques internationaux souhaitant capter les opportunités offertes par les marchés africains.
Au-delà de l’annonce produit, Salesforce cherche ainsi à s’inscrire dans une trajectoire de long terme, en accompagnant l’émergence de nouveaux modèles organisationnels. L’entreprise agentique, telle qu’elle est présentée, repose sur une automatisation avancée des processus et une exploitation accrue des données, avec pour enjeu principal la capacité des entreprises à concilier performance opérationnelle et maîtrise stratégique de ces technologies.





