Leila Benali, ministre de la Transition énergétique et du Développement durable, a inauguré ce mercredi à Rabat la première journée nationale de l’efficacité énergétique sous le thème « Plans régionaux pour l’efficacité énergétique et la décarbonation », dans une démarche stratégique visant à renforcer la souveraineté énergétique et à accélérer le processus de décarbonation.
La ministre a affirmé que l’efficacité énergétique n’est plus une option, mais un outil central pour garantir la sécurité énergétique dans un contexte de fluctuations des marchés internationaux et de défis géopolitiques. Elle a souligné que la maîtrise de la demande et la diversification des sources d’énergie sont devenues des nécessités incontournables, tout en indiquant que le mécanisme des prix seul ne saurait suffire à réguler la consommation. Elle a également mis en avant l’importance du soutien continu aux hydrocarbures tels que le butane dans des secteurs clés comme l’agriculture et le tourisme.
Depuis 2009, a-t-elle indiqué, le Maroc, sous la sage direction du roi Mohammed VI, a tracé une voie énergétique durable reposant sur les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique, avec une capacité installée atteignant environ 5630 mégawatts, soit 46 % du mix énergétique national, avec une prévision d’atteindre 52 % d’ici la fin de 2030.
La stratégie nationale pour l’efficacité énergétique vise à réaliser une économie de consommation d’au moins 20 % d’ici 2030, grâce à des interventions intelligentes dans les secteurs des transports, de la construction, de l’industrie et de l’éclairage public, tout en étant soutenue par un cadre réglementaire complet incluant un décret sur l’audit énergétique obligatoire, des normes de performance énergétique pour les équipements, des entreprises de services énergétiques et des mesures de régulation de la consommation pendant les périodes de pointe.
La ministre a souligné le succès de l’expérience dans le secteur public, avec la réhabilitation de plus de 6500 mosquées pour réduire la consommation d’énergie de plus de 40 %, et l’accompagnement d’environ 100 bâtiments publics visant à réaliser une économie annuelle d’environ 18,47 gigawattheures. L’initiative « Prime à l’efficacité énergétique », lancée en 2022, a permis une économie d’environ 800 gigawattheures, équivalente à la consommation d’une ville de la taille de Meknès, aidée par un soutien financier de près de 240 millions de dirhams pour inciter les consommateurs.
Dans le contexte régional, Benali a affirmé que les régions constituent un maillon essentiel de la mise en œuvre des politiques énergétiques, annonçant l’élaboration de plans régionaux pour l’efficacité énergétique et la décarbonation dès 2024 au bénéfice des douze régions, selon une approche participative visant à réaliser des économies d’énergie allant de 12 à 20 %, avec une réduction notable des émissions et des investissements totaux estimés à environ 48 milliards de dirhams, tout en appelant à mobiliser le secteur privé via des modèles de financement innovants.
Elle a également souligné l’importance de renforcer le cadre législatif, à travers un décret sur la production autonome datant de mars 2026 et un système de certificats d’origine pour le suivi de la source d’électricité, afin de soutenir la transition vers une économie à faibles émissions de carbone, tout en continuant à accompagner les classes moyennes et vulnérables et à permettre aux entreprises d’investir dans des projets d’efficacité énergétique.
Leila Benali a conclu son discours en insistant sur le fait que le succès de ce chantier national dépend de la synergie des efforts de divers acteurs, des institutions centrales aux régions en passant par le secteur privé, afin d’assurer la transformation des ambitions stratégiques en projets concrets qui renforcent la compétitivité de l’économie nationale et servent les intérêts des citoyens.










