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Décryptage
mercredi 19 août 2026 - 21:57

Assauts migratoires : pourquoi Madrid passe-t-elle sous silence les blessés des forces de l’ordre marocaines ?

Assauts migratoires : pourquoi Madrid passe-t-elle sous silence les blessés des forces de l’ordre marocaines ?
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Amal Filali/

Ce que nos confrères de Hespress viennent de dévoiler change profondément la lecture des assauts migratoires survenus les 30 juillet et 15 août aux abords de Sebta et de Melilla.

Alors qu’une partie de la presse espagnole s’est empressée d’accuser le Maroc de laxisme, voire de passivité, les chiffres révèlent une tout autre réalité : 107 membres des forces de l’ordre marocaines ont été blessés en tentant de contenir les mouvements collectifs et d’empêcher les franchissements.

Certains ont subi des fractures aux membres ou à la tête. D’autres ont été victimes de contusions, de blessures graves et de traumatismes physiques nécessitant des soins prolongés. Des dizaines d’agents ont dû être évacués vers les hôpitaux de Fnideq, M’diq, Tanger et Nador.

Selon les informations recueillies par Hespress auprès d’un responsable des services de santé relevant de la Sûreté nationale, 89 des policiers blessés appartiennent à la préfecture de police de Tétouan, 17 à la sûreté régionale de Nador et un à la préfecture de police de Tanger.

Ces chiffres imposent une première évidence : les forces marocaines ne sont pas restées spectatrices. Elles se trouvaient au premier rang, directement exposées à la violence des groupes qui tentaient de forcer les dispositifs de sécurité.

Une assistance psychologique déployée par la DGSN

La prise en charge assurée par la Direction générale de la sûreté nationale ne s’est pas limitée aux fractures, aux plaies et aux autres blessures corporelles.

Une assistance psychologique a également été mise en place en faveur des policiers profondément marqués par la violence des interventions. Certains agents présentant des symptômes associés au stress post-traumatique bénéficient ainsi d’un accompagnement spécialisé.

Cette mesure mérite d’être particulièrement valorisée. Lors de tels affrontements, les blessures ne sont pas toujours visibles. La confrontation avec des mouvements de foule, les jets de projectiles, les incendies et le risque permanent d’être grièvement atteint peuvent laisser des séquelles durables.

En accompagnant psychologiquement ses agents, la DGSN reconnaît cette réalité et assume sa responsabilité envers les femmes et les hommes envoyés en première ligne. La protection du fonctionnaire se poursuit ainsi après l’intervention, jusqu’à sa récupération physique et psychologique.

Vingt-six véhicules de police incendiés ou dégradés

Le bilan matériel confirme l’intensité des affrontements. Durant les premières journées, 26 véhicules de police ont été incendiés ou volontairement endommagés : 18 dans la région de Fnideq et huit dans celle de Nador.

Ces pertes constituent une autre preuve de l’engagement réel des forces marocaines.

Un dispositif prétendument passif ne compte pas 107 blessés. Des agents restés à distance ne sont pas évacués en ambulance. Une police ayant reçu l’ordre de laisser faire ne perd pas 26 véhicules dans des affrontements.

Les faits montrent que le Maroc a mobilisé ses moyens humains et logistiques pour empêcher les passages collectifs et éviter que la situation ne dégénère davantage.

Le Maroc a également protégé la frontière européenne

En contenant ces assauts, le Maroc n’a pas seulement préservé l’ordre public sur son territoire. Ses forces de sécurité ont également empêché des entrées massives vers des territoires administrés par l’Espagne et, par conséquent, vers l’espace européen.

Les policiers marocains ont donc supporté l’essentiel du coût humain, matériel et psychologique d’une opération dont Madrid a directement bénéficié.

Cette réalité aurait dû conduire les autorités et les médias espagnols à reconnaître l’effort consenti par le Maroc. Pourtant, une partie de la presse espagnole a préféré mettre en avant l’accusation de laxisme, tout en passant sous silence les blessés marocains et les dégâts subis par les services de sécurité du Royaume.

Aucun blessé signalé du côté espagnol

Le contraste entre les deux côtés de la frontière est particulièrement troublant.

Face aux 107 blessés marocains, aucun blessé n’a été officiellement signalé dans les rangs de la police espagnole ou de la Guardia Civil lors des mêmes événements.

Cette différence indique clairement où se trouvait la principale ligne de confrontation. Les forces marocaines ont absorbé la pression, affronté les violences et empêché les groupes d’atteindre massivement les positions espagnoles.

Dès lors, comment continuer à accuser le Maroc de passivité, alors que ses policiers sont les seuls à avoir payé un bilan humain aussi lourd ?

L’absence de blessés espagnols devrait également conduire Madrid à préciser la nature de son propre dispositif et le degré de mobilisation de ses forces.

Des alertes qui ne pouvaient être ignorées

Les assauts des 30 juillet et 15 août n’ont pas été totalement imprévisibles. Des appels circulaient ouvertement sur les réseaux sociaux. Des rassemblements étaient annoncés et les risques de tentatives collectives étaient identifiés.

Les autorités espagnoles doivent donc expliquer la manière dont elles ont traité ces alertes, les mesures préventives qu’elles ont prises et le niveau de coordination mis en place avant les événements.

Il ne serait pas acceptable que Madrid bénéficie de l’intervention des forces marocaines, puis laisse Rabat porter seul la responsabilité politique et médiatique de la crise.

Le Maroc a tenu la frontière. Ses policiers ont été blessés, ses véhicules ont été incendiés et ses services ont pris en charge les conséquences physiques et psychologiques des affrontements.

La question mérite donc d’être posée sans détour : pourquoi Madrid et une partie de la presse espagnole passent-elles sous silence les 107 membres des forces de l’ordre marocaines blessés en protégeant une frontière dont l’Espagne a, elle aussi, directement bénéficié ?

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Tags: DGSNEspagneMadridmarocsécurité

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