Le Conseil de sécurité des Nations unies doit tenir, en ce mois d’octobre, trois réunions consacrées à l’affaire du Sahara marocain. La réorganisation et/ou le renouvellement du mandat de la MINURSO seront décidés lors de la séance du 31 octobre. Dans le rapport d’Antonio Guterres, Secrétaire général de l’ONU, il est désormais question d’une phase de transition vers l’application du plan d’autonomie.
C’est la veillée d’armes à Rabat, à Alger, à New York et dans toutes les capitales concernées par l’affaire du Sahara marocain, qui date déjà d’un demi-siècle. Au siège de l’ONU, le 7 octobre, Alexander Ivanko, chef de la MINURSO, sera entendu en briefing par les membres du Conseil de sécurité. Les difficultés de la MINURSO à circuler à l’Est du mur de sécurité ne manqueront pas d’être mentionnées.
Le lendemain, ce sera au tour de Staffan de Mistura, Envoyé personnel du Secrétaire général de l’ONU pour le Sahara, d’être auditionné. Les discussions entre les parties prenantes — Maroc, Algérie, Mauritanie et polisario —, les premières depuis sept ans comme le précise le rapport de Guterres, se sont déroulées dans le cadre du plan d’autonomie proposé par le Maroc. Celui-ci constitue l’unique base crédible et viable pour la résolution d’un conflit vieux d’un demi-siècle, comme l’ont récemment et officiellement affirmé l’Union européenne et la Suède en janvier, puis la Suisse en avril.
L’autonomie entre dans la phase de transition
Début octobre, lors des travaux de la 4ᵉ Commission de l’Assemblée générale de l’ONU, les pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG), le Liberia, le Chili, le Salvador et l’Équateur ont réaffirmé leur soutien au plan d’autonomie marocain pour les provinces du Sud. En février, le Mali, le Honduras et la Bolivie ont retiré leur reconnaissance à l’entité fictive « rasd ». Le polisario n’est plus qu’un zombie ; il ne reste qu’à signer son acte de décès.
La résolution 2797 du Conseil de sécurité, adoptée en 2025, a donné un nouvel élan au processus politique de résolution du conflit, selon le rapport du Secrétaire général. La nouvelle démarche proposée par Antonio Guterres, qui soutient le renouvellement pour un an du mandat de la MINURSO, consiste en la mise en place d’une phase de transition et l’élaboration d’un projet d’accord-cadre devant servir de support aux négociations consacrées au modèle d’autonomie.
Les États-Unis font également pression pour une résolution définitive d’une affaire qui n’a que trop duré. L’administration Trump, empêtrée dans la guerre contre l’Iran, a besoin d’un succès diplomatique pour redorer son blason à l’échéance du 3 novembre, date des élections de mi-mandat. D’ailleurs, tout le contexte international actuel semble des plus propices au Maroc.
Le moment de conclure
Les relations du Maroc avec la France connaissent une embellie certaine et, malgré la récente crise de Sebta, celles avec l’Espagne ne se sont pas détériorées au point que Madrid change de cap sur le Sahara. Le Royaume-Uni appuie ouvertement le plan marocain d’autonomie depuis juin 2025.
La Russie, qui a actuellement d’autres chats à fouetter en Ukraine, se garde bien de pencher pour un camp ou pour l’autre. Moscou s’est abstenu de voter, ces dernières années, sur les résolutions du Conseil de sécurité relatives au Sahara. Sa présence militaire au Sahel, où les alliances sont aussi instables que mouvantes, rend sa position encore plus compliquée sur ce sujet.
La Chine, trop pragmatique pour se mêler de conflits qui ne la concernent pas, est par principe opposée à tout séparatisme, dont elle souffre elle-même au Xinjiang et au Tibet.
Avec des membres du Conseil de sécurité soit explicitement favorables au plan marocain d’autonomie des provinces du Sud, soit peu susceptibles de le contrecarrer, il serait plus que temps pour la communauté internationale de clore définitivement ce dossier.
Rendez-vous le 31 octobre.
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