Le monde est placé sous quarantaine footballistique, jusqu’au 19 juillet, avec une bonne centaine de matchs pour rassasier tous médias confondus, une audience cumulée de 5 milliards de téléspectateurs estimés par la Fifa.
Plus de 38 millions de Marocains espèrent entendre à nouveau rugir leurs lions en crampons comme au Qatar, en 2022. Une attention exaltée dont ne rêveraient même pas les candidats des partis politiques lors de leurs meetings pour les élections législatives du 23 septembre.
La magie du football, c’est la mise en veilleuse des soucis du quotidien, le temps d’une compétition qui n’a pas son pareil pour susciter les passions. La cherté de la vie, le système éducatif, la politique de santé ? Poussez-vous, svp, de devant l’écran, un corner va être tiré.
Par ailleurs, la Coupe du monde 2026 promet pas mal de faits divers, dont sont si friands les réseaux sociaux. Les Etats-Unis refusent le visa d’entrée au meilleur arbitre d’Afrique et c’est toute la sphère médiatique qui s’en émeut.
Mais comme il fallait bien tisser une belle fin à cette histoire, le somalien Omar Abdulkadir Artan se verra offrir une compensation en arbitrant lors du match de la Supercoupe d’Europe entre le Paris Saint-Germain (PSG) et Aston Villa, le 12 août prochain.
Certaines équipes africaines ont, en revanche, digéré en silence leur humiliation par les suspicieux agents de l’immigration américains ou par la piètre qualité des terrains d’entraînement qui leur ont été alloués.
Une occasion qu’ont saisie des internautes marocains pour rappeler les quelques marques d’ingratitude constatées de la part d’équipes et de leurs supporters qui avaient pourtant reçu un accueil des plus chaleureux et des conditions de séjour des plus généreuses lors de la dernière coupe d’Afrique au Maroc.
Le football, c’est aussi la guerre par d’autres moyens.
Ainsi, une quinzaine de membres du staff technique de l’équipe d’Iran n’ont pas pu obtenir de visas pour les Etats-Unis et les footballeurs iraniens sont obligés d’installer leur camp de base au Mexique, tout en devant se déplacer aux Etats-Unis pour chacun de leurs matchs de poule.
Mais c’est quand même un peu grâce à la Coupe du monde que Trump hésite à appuyer sur le bouton et embraser à nouveau le Moyen-Orient.
Même pour un non-passionné de football, la coupe du monde offre un spectacle des plus instructifs. Elle agit comme un révélateur des attentes de populations rassemblées autour de onze jeunes gens qui tapent sur un ballon et en qui elles placent leurs ambitions de grandeur collective.
Dribbler les difficultés, réaliser la passe décisive qui renforce l’esprit d’équipe, tirer au but pour voir les foules exulter, c’est donner aux gens un moment de joie qu’ils estiment mériter.
Allez les Lions ! L’Atlas attend de se faire l’écho de vos rugissements outre-Atlantique.
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