Bakali M/
L’information est confirmée. À partir de ce lundi 7 septembre, plus aucune exception ne sera possible pour les voyageurs marocains munis d’un visa Schengen, l’enregistrement biométrique devenant obligatoire pour tous et retardant les formalités aux frontières.
Une vérification s’impose : la réalité est nettement plus limitée que ce que suggère cette annonce.
Un changement réel, mais circonscrit à la Suisse
Le système européen d’entrée-sortie (EES) n’a rien d’une nouveauté du 7 septembre. Ce dispositif biométrique, qui enregistre les entrées, sorties et refus d’entrée des ressortissants de pays tiers effectuant un court séjour dans l’espace Schengen, est déployé depuis le 12 octobre 2025 et pleinement opérationnel depuis le 10 avril 2026* dans les 29 pays participants. Il remplace progressivement le tampon manuel des passeports par un enregistrement des empreintes digitales et d’une photo du visage.
Ce qui change réellement à partir de ce lundi 7 septembre 2026 concerne uniquement la Suisse : les autorités helvétiques perdent, à cette date, la possibilité de suspendre temporairement l’enregistrement biométrique en cas de forte affluence dans leurs aéroports, la Commission européenne ayant refusé de prolonger cette dérogation.
Aucune nouvelle obligation de visa, ni mesure ciblant un pays en particulier
Contrairement à ce qui circule en ligne, cette évolution ne crée aucune nouvelle obligation de visa pour les ressortissants marocains, tunisiens ou algériens. Elle s’applique de la même manière à l’ensemble des ressortissants de pays tiers, quel que soit leur pays d’origine, dans le cadre de la généralisation des contrôles numériques aux frontières extérieures de l’espace Schengen.
À ce jour, aucun élément ne permet d’établir un lien entre cette évolution technique et les récents incidents de Sebta, ni avec les tentatives de traversées migratoires de juillet dernier. Le calendrier de l’EES a été fixé bien en amont de ces événements, dans le cadre d’un projet européen structurel indépendant de tout contexte migratoire particulier.
Ce que les voyageurs doivent réellement anticiper
La vigilance reste de mise non pas à cause du 7 septembre, mais en raison du fonctionnement de l’EES depuis avril : lors d’un premier passage de frontière, chaque voyageur doit fournir ses données personnelles et se soumettre à la prise d’empreintes et d’une photo, ce qui peut allonger ponctuellement le temps de passage. Les voyages suivants s’appuient ensuite sur le dossier biométrique déjà créé.
Enfin, l’UE prévoit la mise en service, au dernier trimestre 2026, d’un second dispositif, l’ETIAS, une autorisation de voyage électronique préalable pour les ressortissants exemptés de visa, sans date de lancement encore officiellement annoncée.
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