Amal filali/
L’industrie agroalimentaire marocaine enregistre une nouvelle opération d’envergure. Fortune Maroc a procédé, le 17 avril 2026 à Bouskoura, à l’inauguration de l’extension de son unité industrielle, marquant une étape supplémentaire dans sa stratégie d’intégration locale et de montée en capacité.
L’événement s’est tenu en présence du ministre de l’Industrie et du Commerce Ryad Mezzour, de l’ambassadrice de Jordanie Jumana Suleiman Ali Ghunaimat et du management du groupe, traduisant l’intérêt institutionnel porté à ce type d’investissements productifs.
Un renforcement capacitaire ciblé
L’opération repose sur un investissement de 220 millions de dirhams, orienté vers l’installation de nouvelles lignes de production dans les segments biscuiterie, chocolaterie et confiserie. L’objectif est clairement capacitaire : absorber une demande en progression tout en améliorant les standards industriels du site.
Cette montée en puissance s’accompagne d’un impact significatif sur l’emploi, avec plus de 300 postes directs créés, portant l’effectif global à plus de 600 collaborateurs à fin 2025. Dans un contexte de relance industrielle, ce type de projet confirme le rôle du secteur agroalimentaire comme vecteur d’emplois structurés.
Une trajectoire alignée sur la politique industrielle
Le positionnement de Fortune Maroc s’inscrit dans une logique cohérente avec les orientations nationales en matière d’industrialisation. Après une phase initiale centrée sur l’importation et la distribution, l’entreprise a engagé, dès 2014, une transition vers la production locale, consolidant progressivement ses actifs industriels.
Ce modèle d’évolution traduit une appropriation des leviers de compétitivité : réduction de la dépendance aux importations, maîtrise des coûts logistiques et adaptation de l’offre aux spécificités du marché local.
Effet d’entraînement sur l’écosystème agroalimentaire
Au-delà de l’entreprise elle-même, l’investissement participe à la structuration d’un écosystème agroalimentaire national en phase de consolidation. La multiplication de ce type d’unités contribue à la montée en gamme de la production locale et à l’amélioration de la résilience des chaînes d’approvisionnement.
Dans un environnement international marqué par des tensions sur les flux commerciaux et les matières premières, le renforcement des capacités locales apparaît comme un facteur clé de souveraineté industrielle et alimentaire.
Une stratégie d’expansion séquencée
La dynamique engagée ne se limite pas à cette première extension. Une seconde phase est d’ores et déjà programmée, avec un investissement additionnel de 65 millions de dirhams. Elle portera sur de nouvelles lignes de production, notamment dans les biscuits et gaufrettes, avec à la clé plus de 150 emplois directs supplémentaires.
Cette planification séquencée traduit une stratégie d’expansion maîtrisée, articulée autour de la diversification de l’offre et de l’ouverture progressive à l’export.
Un signal sur l’attractivité industrielle
Pour les analystes, l’opération envoie un signal positif sur l’attractivité du Maroc en tant que plateforme industrielle régionale, notamment dans les industries de transformation. La présence de capitaux étrangers, en l’occurrence jordaniens, confirme la capacité du Royaume à capter des investissements productifs à vocation durable.
En filigrane, c’est l’évolution du modèle industriel marocain qui se dessine : une montée en puissance progressive, portée par des investissements ciblés, une intégration locale accrue et une ambition affirmée sur les marchés extérieurs.












