Des officiers des Forces Armées Royales ont rejoint la Force internationale de stabilisation (ISF) à Gaza, conformément à l’engagement pris par le Maroc lors de la première réunion du Conseil de Paix, le 19 février. Outre le volet sécuritaire, l’assistance du Maroc s’étend également à l’aide humanitaire et à la reconstruction.
Avec le Kazakhstan, l’Albanie et le Kosovo, le Maroc figure parmi les premiers pays à avoir envoyé des officiers prendre leurs quartiers à Kiryat Gat, dans le sud d’Israël, une base américaine qui sert également de quartier général à la Force internationale de stabilisation (ISF) à Gaza.
L’information, d’abord diffusée par des médias israéliens, a été confirmée par le Conseil de Paix, qui a souligné sur son compte X : « L’ISF accueille ses nouveaux membres issus des Forces armées royales marocaines. Leur arrivée renforce l’effort international visant à soutenir la population de Gaza. »
Ce déploiement s’inscrit dans le cadre de la deuxième phase du « Plan global pour mettre fin au conflit à Gaza », appuyé par le président américain Donald Trump et adopté le 9 octobre 2025.
Les démarches pour la paix
Le 17 novembre 2025, le Conseil de sécurité des Nations Unies a adopté la résolution 2803 pour mettre en œuvre le plan de paix pour Gaza et autoriser le déploiement d’un contingent militaire multinational baptisé « Force internationale de stabilisation à Gaza ».
Le Maroc compte parmi les membres fondateurs du Conseil de Paix, initié par le président Trump et officiellement lancé le 22 janvier 2026.
L’ISF inscrit son action dans le cadre de ce conseil et vise à gérer la phase transitoire entre la fin des hostilités dans la bande de Gaza et l’installation d’un comité administratif palestinien de nature technocratique, placé sous la supervision de la communauté internationale.
Sur le plan opérationnel, il est prévu le déploiement, dans cinq secteurs de la bande de Gaza, de 20 000 soldats et de 12 000 policiers, qui devront sécuriser des couloirs humanitaires et les zones de reconstruction, tout en prévenant la reprise des affrontements entre Israël et le Hamas ainsi que le trafic d’armes.
Pendant ce temps, la Jordanie et l’Égypte seront chargées de former les éléments d’une future police palestinienne dans la bande de Gaza, placée en dehors du contrôle du Hamas.
Une mission multiforme
Un premier regroupement des unités de l’ISF doit se dérouler au passage de Kerem Shalom, avant l’entrée dans la bande de Gaza. La ville de Rafah devrait être la première à être placée sous leur protection.
L’ISF est placé sous le commandement du général américain Jasper Jeffers, avec un officier supérieur indonésien prévu pour être nommé au poste d’adjoint.
Il faut toutefois préciser que l’Indonésie, qui devait déployer 8 000 soldats dans le cadre de l’ISF, dont 5 000 déjà présents sur le terrain, se montre hésitante à ce sujet depuis le déclenchement de la guerre contre l’Iran.
Outre la participation d’officiers de haut rang des FAR au commandement militaire conjoint de l’ISF, des officiers de police déployés dans le cadre du contingent marocain auront pour mission d’encadrer des éléments de la future police gazaouie.
Un programme de déradicalisation sera également mis en œuvre, selon une approche spécifiquement marocaine qui a déjà fait ses preuves en interne.
Sur le plan médical, il est prévu l’installation d’un hôpital de campagne pour venir en aide aux habitants de la bande de Gaza, où la situation sanitaire est particulièrement catastrophique.
Un pragmatisme salvateur
Des médias israéliens ne manquent pas de souligner que le gouvernement israélien insiste pour que l’ISF s’implique activement dans le désarmement des combattants du Hamas, un objectif effectivement compris dans sa mission et largement souhaité par l’armée israélienne, qui a échoué à y parvenir après deux ans et huit mois d’intenses combats dans la bande de Gaza.
Plus pragmatique, le Times of Israel reconnaît, dans un article relatif aux guerres du 7 octobre signé Lazar Berman et daté du 15 juin, que « les Palestiniens ne vont pas quitter Gaza. Le Hamas ne désarmera pas ».
Dans un contexte aussi épineux, la crédibilité de la présence de membres des FAR au sein de l’ISF s’appuie sur des références admises tant par les Palestiniens que par les Israéliens.
SM le Roi Mohammed VI, Commandeur des croyants, est le président du Comité Al Qods. Le Maroc n’a jamais failli à ses engagements en faveur de la cause palestinienne.
Parallèlement, le Maroc est signataire, le 22 décembre 2020, des Accords d’Abraham et ne ménage pas ses efforts pour l’instauration d’une paix durable au Moyen-Orient.
Le Royaume joint, par ailleurs, l’acte à la parole, étant l’un des rares pays ayant versé une contribution au Conseil de Paix de l’ordre de 3 millions de dollars.
L’une des difficultés auxquelles est d’ailleurs actuellement confronté ce conseil est la modestie des fonds dont il dispose, plusieurs pays n’ayant pas tenu leurs engagements financiers.
Pragmatique, le Maroc agit efficacement en faveur des populations palestiniennes, loin des discours tout aussi enflammés que creux de pays prêts à se battre jusqu’au dernier Palestinien, au nom d’idéologies radicales qui ne sont d’aucun secours pour les civils dans le besoin.
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