On ne fait pas évoluer les lois, et encore moins les mentalités, sans une volonté collective d’agir. Alors que les dérives numériques se multiplient, les cyberattaques, les campagnes de désinformation et les opérations d’influence sont devenues des outils de déstabilisation qui dépassent largement le cadre technologique.
Leurs conséquences sont bien réelles : atteintes à la réputation, manipulation de l’opinion publique, fragilisation des institutions, pressions sur les médias, espionnage numérique et remise en cause de la confiance entre les citoyens et les États. Ces menaces sont souvent transnationales, sophistiquées et portées par des acteurs étatiques, mercenaires, criminels ou privés.
Face à cette réalité, pourquoi ne pas créer un collectif maroco-international réunissant des journalistes, des avocats, des magistrats, des universitaires, des experts en cybersécurité et des représentants de la société civile, installés au Maroc comme à l’étranger ?
Ce collectif aurait pour vocation de sensibiliser le public, les institutions et les médias aux nouvelles formes de cybermenaces et de guerres informationnelles. Il pourrait organiser des conférences, des formations, publier des analyses, formuler des recommandations et développer des partenariats avec des organisations nationales et internationales engagées dans la cybersécurité et la lutte contre la désinformation.
Mais cette initiative pourrait également s’appuyer sur un acteur essentiel : la diplomatie marocaine.
Pourquoi ne pas confier à nos ambassades un rôle de facilitateur en initiant des rencontres avec les procureurs, les magistrats, les autorités judiciaires, les universitaires et les experts des pays où elles sont accréditées ?
Ces échanges permettraient d’expliquer non seulement les aspects techniques des cyberattaques, mais aussi leur dimension stratégique, informationnelle, culturelle et géopolitique. Les opérations d’influence ne naissent pas dans un vide : elles s’inscrivent souvent dans des contextes historiques, politiques et culturels propres à leurs pays d’origine. Les comprendre est indispensable pour mieux les prévenir, les qualifier juridiquement et y répondre de manière coordonnée.
Renforcer le dialogue entre les autorités judiciaires, les chercheurs, les médias et les spécialistes de différents pays contribuerait à développer une culture commune de la résilience numérique, à améliorer la coopération internationale et à mieux protéger les citoyens, les institutions et les espaces informationnels.
À l’heure où les cybermenaces ignorent les frontières, la réponse ne peut être uniquement nationale. Elle doit être fondée sur la coopération, le partage des connaissances et la construction de réseaux de confiance. Le Maroc, par son positionnement international et son engagement en faveur de la coopération, a toute sa place pour porter une telle initiative et contribuer à faire émerger une réponse collective aux défis numériques du XXIᵉ siècle.
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