• Accueil
  • Chroniques
  • Actualités
    • International
    • Politique
    • Economie
    • Sport
    • Société
  • Décryptage
  • Radar
  • Dossiers
No Result
View All Result
  • Accueil
  • Chroniques
  • Actualités
    • International
    • Politique
    • Economie
    • Sport
    • Société
  • Décryptage
  • Radar
  • Dossiers
No Result
View All Result
No Result
View All Result
accueil, Décryptage
mercredi 14 octobre 2026 - 20:29

Conseil de la concurrence : l’AMO met le système de santé face à ses responsabilités

Conseil de la concurrence : l’AMO met le système de santé face à ses responsabilités
A A

En réunissant à Marrakech les acteurs de la santé, de la régulation et de l’investissement, le Conseil de la concurrence a placé au cœur du débat les conditions de réussite de la couverture sociale universelle. Derrière l’élargissement de l’assurance maladie se joue une transformation profonde : financer davantage de soins, développer une offre accessible et organiser les marchés sans compromettre la solidarité. Un chantier qui engage autant l’avenir du système de santé que la consolidation de l’État social.

À Marrakech, le Conseil de la concurrence pose les enjeux d’une transformation nationale

La généralisation de la couverture sociale modifie les équilibres de l’ensemble du secteur de la santé. Elle augmente la demande de soins, stimule les investissements et transforme les relations entre organismes gestionnaires, établissements de santé, professionnels, industriels et patients. Comment accompagner cette évolution pour qu’elle bénéficie effectivement aux citoyens ?

C’est autour de cette interrogation que le Conseil de la concurrence a organisé, le 14 octobre 2026 au Palais des Congrès de Marrakech, une conférence internationale consacrée à « La politique de la santé au Maroc : concurrence, régulation et gouvernance à l’ère de la couverture sociale universelle ».

Inscrite dans le cadre du chantier royal de généralisation de la protection sociale, cette rencontre a réuni des responsables gouvernementaux, des représentants d’institutions et d’autorités de régulation nationales et internationales, des experts, ainsi que des acteurs économiques et professionnels des différentes composantes de la santé.

L’objectif annoncé par le Conseil est de contribuer à une vision intégrée de la gouvernance économique du secteur. Il s’agit de concilier l’intérêt général, l’efficience économique et la soutenabilité financière, tout en favorisant l’investissement, l’innovation et une concurrence libre et loyale.

Les travaux ont ainsi porté sur quatre dimensions complémentaires : les nouveaux marchés créés par l’extension de la couverture sociale ; la distribution des médicaments et des dispositifs médicaux ; l’investissement et la concentration dans l’offre de soins ; enfin, les transformations liées à la télémédecine et à l’intelligence artificielle.

Ce choix traduit une lecture d’ensemble de la réforme. Une décision de remboursement influence la demande ; une acquisition peut modifier l’offre disponible dans un territoire ; une règle de distribution agit sur l’accès aux médicaments. Ces mécanismes doivent être examinés dans leurs interactions pour apprécier leurs conséquences sur les patients et sur les finances du système.

L’intervention du Conseil prend ici tout son sens. Accompagner l’expansion du secteur suppose de veiller à la transparence des marchés, aux conditions d’entrée de nouveaux acteurs et aux effets des concentrations. La capacité d’attirer des capitaux doit aller de pair avec la préservation du choix, de la qualité et de l’accessibilité des prestations.

Généraliser la couverture sociale : réunir les conditions d’un droit effectif aux soins

Le premier défi consiste à transformer l’inscription à l’assurance maladie en accès réel à une prise en charge. Une couverture administrative ouvre des droits ; leur exercice dépend de la présence d’un professionnel, de la disponibilité d’un traitement, des délais et du montant restant à payer.

En 2025, plus de 32 millions de personnes étaient inscrites à l’AMO, soit près de 80 % de la population, contre 42 % avant la généralisation. Le régime AMO Tadamon couvre à lui seul près de 11 millions de bénéficiaires. Cette progression change l’échelle des besoins auxquels le système doit répondre.

Pour organiser cette nouvelle étape, les défis peuvent être regroupés autour de trois exigences indissociables : assurer la pérennité du financement, développer une offre équitablement répartie et coordonner la régulation.

Sur le plan financier, les échanges ont souligné la nécessité d’examiner chaque régime séparément. Les chiffres évoqués font état d’environ 34 milliards de dirhams de cotisations et d’un solde global positif de l’ordre de 1,25 milliard de dirhams. Mais ces agrégats recouvrent des situations différentes.

Le régime des salariés dispose de réserves de l’ordre de 60 milliards de dirhams, tandis que celui des fonctionnaires présente des déséquilibres, avec un risque d’aggravation à l’horizon 2027-2028 selon les projections exposées. La solidité du dispositif doit donc être appréciée dans la durée, à partir de l’évolution des recettes, des prestations, de la démographie et des réserves.

Le regroupement de la gestion de plusieurs régimes ne suffit pas, à lui seul, à mutualiser leurs ressources. Les mécanismes de solidarité dépendent des règles juridiques et financières retenues.

Pour les travailleurs non salariés, une autre difficulté se pose : lorsque les personnes ayant le plus besoin de soins participent davantage que celles qui se considèrent en bonne santé, la mutualisation se fragilise. Ce phénomène de sélection adverse impose d’élargir la participation effective et de consolider la continuité des cotisations, en tenant compte des revenus irréguliers et des difficultés de recouvrement.

La deuxième exigence concerne l’offre. L’augmentation du nombre d’assurés doit s’accompagner de capacités supplémentaires, dans les territoires où les besoins restent insuffisamment couverts. Construire des établissements implique aussi de disposer d’équipes, d’équipements fonctionnels et de parcours de soins organisés.

Le développement du privé participe à cette évolution, mais appelle une vigilance sur la concentration. Dès 2021, les groupes de santé détenaient près du tiers des lits privés. Les 108 dossiers de concentration directement liés à la santé recensés par le Conseil illustrent l’importance des opérations économiques dans le secteur ; ils ne constituent pas un décompte d’infractions.

L’enjeu est d’apprécier les effets concrets de ces rapprochements. La présence de plusieurs opérateurs à l’échelle nationale ne garantit pas nécessairement des alternatives accessibles dans chaque territoire ou chaque spécialité.

Enfin, la coordination de la régulation doit permettre de rapprocher les décisions de financement, les règles tarifaires et l’organisation des soins. La transparence des factures et la révision de la tarification nationale de référence sont déterminantes : l’assuré doit comprendre ce qui lui est facturé, ce qui sera remboursé et ce qu’il devra supporter.

La même logique vaut pour le médicament. Un prix encadré ne garantit pas une disponibilité effective. Les conditions de distribution, la régularité des approvisionnements et la desserte des zones moins attractives économiquement doivent entrer dans l’évaluation de l’accès.

La télémédecine et l’intelligence artificielle prolongent ces enjeux. Leurs possibilités doivent être accompagnées de règles adaptées à la qualité des prestations, à la gouvernance des données et aux conditions de concurrence.

L’état des lieux d’un chantier social qui transforme le Maroc

Les moyens engagés témoignent de l’ampleur du chantier. En 2026, le budget du ministère de la Santé et de la Protection sociale atteint 42,4 milliards de dirhams, soit plus de quatre fois son niveau de 2006.

Le réseau public comprend plus de 2 200 centres de santé et 172 hôpitaux. Un premier programme de réhabilitation, de modernisation et d’équipement de 1 400 établissements de soins de santé primaire a été achevé. Un deuxième programme concerne 600 structures supplémentaires.

Entre 2022 et 2025, 22 établissements hospitaliers ont été réhabilités, représentant 2 433 lits. Le programme de création de six centres hospitaliers universitaires mobilise plus de 20,6 milliards de dirhams, pour une capacité prévisionnelle d’environ 3 807 lits.

Cette montée en puissance doit être soutenue par les ressources humaines. Trois étudiants en santé sur quatre sont formés dans le secteur public, avec un objectif annoncé de 45 professionnels de santé pour 10 000 habitants à l’horizon 2030. La formation, le recrutement et la répartition territoriale des équipes conditionneront l’efficacité des investissements.

L’offre privée connaît également une expansion. Le nombre de cliniques est passé de 356 en 2017 à 475, tandis que leur taille moyenne est passée de 27 à 45 lits. Cette évolution traduit une capacité d’investissement accrue et une transformation de la structure des établissements.

L’industrie pharmaceutique constitue un autre pilier de cet ensemble. Elle compte 56 établissements industriels nationaux et multinationaux et couvre 52 % des besoins en médicaments en valeur, contre près de 75 % en unités. La production marocaine est exportée vers plus de 40 pays, tandis que 66 grossistes répartiteurs participent à l’approvisionnement du territoire.

Ces capacités coexistent avec une dépendance importante pour les dispositifs médicaux, dont 85 à 90 % de la demande reste satisfaite par les importations. Le développement de la couverture sociale pose ainsi une question de souveraineté sanitaire : sécuriser les produits et les équipements nécessaires à une consommation de soins appelée à augmenter.

Pour les ménages, l’évolution est déjà perceptible. Leur financement direct est passé de 46 % à 38 % de la dépense totale de santé. Cette baisse marque une amélioration, tout en rappelant le poids que les soins continuent de représenter dans les ressources familiales.

L’ensemble de ces transformations donne sa portée au chantier social engagé par le Maroc. La généralisation de la couverture implique de faire évoluer simultanément les mécanismes de solidarité, les infrastructures, les professions de santé et les règles économiques du secteur.

La conférence du Conseil de la concurrence met en évidence cette responsabilité collective : faire en sorte que l’élargissement des droits s’appuie sur un système capable de les rendre effectifs. La réussite se mesurera dans la vie quotidienne des citoyens, lorsqu’ils pourront obtenir les soins nécessaires, au bon moment et à un coût supportable.

monafassa

Loading

PartagerTweetEnvoyerPartagerPartagerEnvoyer

Du même fichier

Safran célèbre 20 ans au Maroc et agrandit son usine d’Aïn Atiq avec 400 emplois à la clé

mercredi 14 octobre 2026 - 10:56

La démocratie ou l’ambition de gouverner par le peuple et pour le peuple

lundi 12 octobre 2026 - 12:40

Du Groupe de Casablanca aux nouvelles générations

lundi 12 octobre 2026 - 12:33

Défense : des partenariats diversifiés pour un champ de bataille en mutation

samedi 10 octobre 2026 - 12:17
Tags: développementmarocSanté

Edition Special 8 Mars

Articles connexes

Safran Electrical & Power Morocco

Safran célèbre 20 ans au Maroc et agrandit son usine d’Aïn Atiq avec 400 emplois à la clé

roi mohamed 6

Les quatre piliers de la nouvelle ambition royale

larbi bargach

La démocratie ou l’ambition de gouverner par le peuple et pour le peuple

BELAAMAN

Du Groupe de Casablanca aux nouvelles générations

Lire aussi

roi mohamed 6
accueil

Les quatre piliers de la nouvelle ambition royale

lundi 12 octobre 2026 - 14:48
ahmed naji
accueil

Défense : des partenariats diversifiés pour un champ de bataille en mutation

samedi 10 octobre 2026 - 12:17
larbi bargach
accueil

La démocratie ou l’ambition de gouverner par le peuple et pour le peuple

lundi 12 octobre 2026 - 12:40
Conseil de la concurrence : l’AMO met le système de santé face à ses responsabilités
accueil

Conseil de la concurrence : l’AMO met le système de santé face à ses responsabilités

mercredi 14 octobre 2026 - 20:29

Contactez-nous

  • Accueil
  • Nous contacter
  • Mentions Légales

Liens importants

  • Qui sommes-nous ?
  • Comité de rédaction
  • Utilisation des données personnelles
  • La rédaction

Catégories

  • International
  • Politique
  • Economie
  • Sport
  • Société

Suivez-nous sur les réseaux sociaux

Facebook Youtube Instagram X-twitter Tiktok
Tous droits réservés © 2026

Welcome Back!

Login to your account below

Forgotten Password?

Retrieve your password

Please enter your username or email address to reset your password.

Log In

Add New Playlist

No Result
View All Result
  • Accueil
  • Chroniques
  • Actualités
    • International
    • Politique
    • Economie
    • Sport
    • Société
  • Décryptage
  • Radar
  • Dossiers