Ahmed Naji/
Le Haut-Commissariat aux réfugiés est appelé à informer les habitants des camps de la honte de Tindouf des « options de solutions durables » qui s’offrent à eux. L’Algérie, pour sa part, se plaint du plan d’autonomie. Le polisario, lui, s’en prend à l’Envoyé personnel du SG de l’ONU. Instaurer la sécurité et la stabilité en Afrique du Nord et au Sahel exige de répondre à une question : que faire du golem polisarien ?
Le Groupe de soutien au rôle du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a appelé cette agence onusienne à informer les habitants des camps de la honte de Tindouf, en Algérie, des « options de solutions durables » qui leur sont désormais disponibles. Cet appel a eu lieu lors de la 77e session annuelle du Comité exécutif, tenue le 15 octobre à Genève.
Ce groupe d’États considère, en effet, qu’une véritable possibilité s’offre désormais aux dites populations. Depuis l’adoption de la résolution 2797 par le Conseil de sécurité des Nations unies, fin octobre 2025, elles peuvent « accéder à des solutions durables, qui n’existaient pas auparavant ». C’est ce qu’a affirmé l’ambassadeur, représentant permanent des États-Unis auprès de l’ONU à Genève, Todd Steggerda.
Dans son communiqué, ledit groupe estime par ailleurs que le HCR se doit désormais de « préparer les conditions » permettant aux habitants des camps de Tindouf d’accéder « à un avenir plus digne ».
Les choix des uns et les échecs des autres
Les populations des camps auront le droit de choisir d’être rapatriées vers la mère-patrie, le Maroc. Sauf que cette option n’est valable que pour les originaires des provinces du Sud. Or, ceux-ci sont minoritaires dans les camps de Tindouf. Les ressortissants du Sud de l’Algérie et du Nord de la Mauritanie et du Mali, recrutés dans les années 1970 et 1980 pour renforcer les rangs du polisario, auront le choix entre l’intégration dans le pays hôte du polisario — l’Algérie — ou la relocalisation dans des pays tiers.
Pour rappel, la proposition de loi permettant d’accorder la nationalité espagnole aux Sahraouis, approuvée par le Congrès des députés, ne concerne que les natifs des provinces du Sud du Maroc et leurs descendants. En fin de compte, les personnes véritablement originaires du Sud du Maroc ne manquent pas de choix. L’Algérie, elle, se retrouve avec sur les bras les mercenaires et leurs familles, ramenés des pays voisins pour peupler les camps de Tindouf.
Il va de soi que l’Algérie ne l’entend pas de cette oreille. Elle a dépensé sur un demi-siècle quelques 500 milliards de dollars en soutien au Polisario afin de diviser le Maroc. Le représentant permanent de l’Algérie auprès de l’ONU, Amar Bendjama, a clairement indiqué devant la 4e Commission de l’Assemblée générale des Nations unies, le 13 octobre à New York, l’opposition de son pays à l’autonomie des provinces du Sud en tant que solution réaliste et équitable au conflit du Sahara.
Demande algérienne de perpétuer le conflit
L’Algérie s’inquiète d’avoir à assumer seule la responsabilité des Sahraouis non originaires du Sud du Maroc une fois l’affaire du Sahara réglée. Elle est également soucieuse de continuer à impliquer la communauté internationale dans le prolongement du conflit. Un conflit qu’elle a créé de toutes pièces, il y a un demi-siècle.
À travers son représentant permanent auprès de l’ONU, l’Algérie a demandé de perpétuer « soutien, protection et assistance » aux populations des camps de Tindouf. Dont elle refuse pourtant le recensement.
De fait, l’Algérie ne cherche même plus à prétendre qu’elle n’est pas partie prenante dans le conflit du Sahara. Ou plus exactement : plus aucun pays au monde ne croit en sa propagande, du fait de ses prises de position franchement hostiles au Maroc sur la scène internationale.
Politique-fiction de série B
La crise d’hystérie à Alger est telle que le dernier scénario de politique-fiction imaginé pour salir l’image du Maroc a fini en tragi-comédie. Le scénario était si mal conçu que son échec était inévitable. Soixante et un Marocains auraient été arrêtés début octobre à Oran, après s’être infiltrés clandestinement depuis la Tunisie.
Il s’agirait d’une soixantaine de civils, dont neuf femmes, menés par un ancien militaire. D’après la police algérienne, ils auraient traversé leur pays en largeur, sur un bon millier de kilomètres, pour perpétrer des « actes criminels » à Oran. Ville pourtant située à quelque 163 km à vol d’oiseau de la frontière marocaine. Les preuves présentées à l’appui de ces allégations : des passeports marocains et des billets de banque, des dirhams et des euros.
Devenir la risée du monde entier en racontant des histoires à dormir debout ne semble pas poser le moindre problème aux dirigeants algériens.
Le monstre de Frankenstein
Le Polisario n’est pas en reste. Ses dirigeants se devaient bien de tenter de justifier les deniers du peuple algérien indûment perçus. Une missive a ainsi été adressée par Benbatouche, alias Brahim Ghali, au SG de l’ONU, António Guterres, pour se plaindre de son envoyé personnel, Staffan de Mistura. Les polisariens menacent de « reconsidérer leur engagement » envers de Mistura. Les efforts déployés par ce dernier pour une résolution politique et pacifique du conflit du Sahara remettent en question les ambitions d’hégémonie régionale de l’Algérie et les revenus indus des dirigeants du Polisario.
L’Algérie a créé son monstre de Frankenstein en s’imaginant détruire le Maroc avec. Non seulement le Polisario a failli à sa tâche, mais il n’est plus possible de se débarrasser du golem sans qu’il ne se retourne contre son créateur.
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