Le taux de chômage strict a atteint 10,5 % au 3ᵉ trimestre, contre 9,5 % le trimestre précédent. Quelque 173 000 emplois ont été perdus, soit un recul de 1,6 % du volume de l’emploi rémunéré. Les plus touchés sont les jeunes de 15 à 24 ans, les femmes et les diplômés.
Sur une main-d’œuvre totale de 11,7 millions de personnes, le nombre d’actifs occupant un emploi rémunéré s’est établi à 10,5 millions au 3ᵉ trimestre de l’année en cours. Par rapport au trimestre précédent, les résultats de l’enquête sur la main-d’œuvre 2026, récemment publiée par le Haut-Commissariat au Plan (HCP), révèlent une perte nette de 173 000 emplois, soit une baisse de 1,6 % du volume de l’emploi rémunéré.
Le taux de chômage strict — qui ne comptabilise que les personnes sans emploi, à la recherche active d’un poste et disponibles pour en occuper un dans les plus brefs délais — a atteint 10,5 % au 3ᵉ trimestre. Il a augmenté de 0,9 point par rapport au 2ᵉ trimestre, où ce taux n’était que de 9,5 %. Le taux d’emploi rémunéré a, quant à lui, baissé de 38,2 % à 37,4 %.
En termes de volume, le nombre de chômeurs a augmenté de 103 000. Le Maroc compte à présent 1,224 million de chômeurs au sens strict. Il convient également de préciser que la main-d’œuvre a diminué de 70 000 personnes ; son volume s’établit désormais à 11,69 millions. Le taux de participation a lui aussi reculé, passant de 42,2 % à 41,8 %. Cette baisse, loin d’être réjouissante pour l’économie nationale, traduit la perte de confiance de personnes sans emploi en leur capacité d’en trouver un dans un proche avenir, au point de ne plus même en chercher.
Les 15-24 ans et les femmes les plus touchés
Le rapport du HCP sur la situation du marché du travail indique par ailleurs que le taux de chômage des femmes s’est établi, au cours de cette période, à 16,7 %, en hausse de 1,9 point, contre 8,6 % pour les hommes, avec une progression plus modeste de 0,6 point. Il faut néanmoins souligner que, parmi les personnes en âge de travailler, seules 18,1 % des femmes occupent un emploi rémunéré ou sont considérées comme étant au chômage strict. À titre de comparaison, le taux de participation des hommes en âge de travailler s’élève à 65,6 %.
Les plus touchés sont les jeunes de 15 à 24 ans, dont le taux de chômage est de 30,5 %, en hausse de 3,3 points. Cette catégorie d’âge est également la plus frappée par le sous-emploi. Le taux composite de sous-utilisation de la main-d’œuvre, qui est de 19,6 % à l’échelle nationale, atteint en effet 44,5 % pour les 15-24 ans, suivi par celui des femmes, qui s’élève à 28,5 %.
Le plus paradoxal est le chômage des jeunes diplômés. Les détenteurs de diplômes avancé et intermédiaire subissent un taux de chômage strict de 18,1 %, pour chacune de ces catégories. Ce taux n’est que de 11,6 % pour les porteurs de diplômes de base. Quant aux personnes ne disposant d’aucun diplôme, moins d’un sur vingt est au chômage.
Disparités régionales
La hausse du taux de chômage la plus importante a été enregistrée en milieu rural, où celui-ci a augmenté de 1,5 point pour atteindre 6,9 %. Ce taux est plus élevé en milieu urbain — 12,5 % — mais n’y a progressé que de 0,6 point sur la période considérée. En nombre de personnes touchées, 148 000 emplois ont été perdus en milieu rural, contre 25 000 en milieu urbain.
Les disparités régionales sont également très prononcées, selon les résultats de l’enquête sur le marché du travail. La région de Dakhla-Oued Ed-Dahab affiche le taux de chômage le plus faible du royaume, soit 4,6 %. Son taux de participation est également le plus élevé et atteint 64,7 %. Au bas du classement, la région de Guelmim-Oued Noun enregistre le taux de chômage le plus élevé, 17,2 %, ainsi qu’un taux de sous-utilisation de la main-d’œuvre de l’ordre de 38,7 %.
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