Casablanca, 4 mai 2026. Sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, le lancement de la première édition de GITEX Future Health Africa dépasse largement le cadre d’un événement sectoriel. Il s’impose d’emblée comme un moment de bascule, où la santé quitte définitivement le registre du social pour entrer dans celui de la stratégie, de la puissance et de la souveraineté.
Dès les mots d’ouverture, le ton est donné par le ministre de la Santé et de la Protection sociale, Tahraoui. « Ce que nous inaugurons aujourd’hui n’est pas simplement un salon… c’est une déclaration d’ambition, un acte de souveraineté », affirme-t-il, posant les bases d’une vision claire : celle d’un continent qui refuse désormais de subir sa dépendance sanitaire. L’Afrique, longtemps enfermée dans une logique d’importation de médicaments, de technologies et de solutions thérapeutiques, est appelée à changer de statut.
Cette rupture est assumée. Elle s’inscrit dans une lecture lucide des vulnérabilités révélées par les crises récentes. « Un pays qui ne produit pas ses médicaments, ses dispositifs médicaux… est un pays vulnérable », rappelle le ministre, soulignant que la souveraineté sanitaire est désormais indissociable de la souveraineté économique et géopolitique.
Le Maroc entend précisément se positionner au cœur de cette recomposition. Porté par une transformation profonde de son système de santé, le Royaume avance avec des marqueurs concrets : généralisation de la couverture médicale, accélération des infrastructures hospitalières, déploiement territorial de l’excellence médicale. « Ce n’est pas un chiffre, c’est un signal politique », insiste un autre intervenant, évoquant le rythme inédit de construction hospitalière.
Mais au-delà des infrastructures, c’est une révolution silencieuse qui est à l’œuvre. L’intégration massive des technologies de rupture redéfinit les contours mêmes de la médecine. L’intelligence artificielle, les données de santé et les systèmes interconnectés transforment le diagnostic, la prise en charge et la gouvernance des systèmes sanitaires. « La santé de demain sera digitale, ou elle ne sera pas », résume le ministre Tahraoui, avant d’ajouter immédiatement qu’elle devra être « aussi industrielle, souveraine et inclusive ».
Dans cette équation, la technologie n’est pas une fin en soi. Elle est un levier. Un levier de performance, mais surtout un levier d’équité. C’est dans ce sens que s’inscrit l’intervention du **Professeur BJIJOU**, Directeur Délégué de la Fondation Mohammed VI des Sciences et de la Santé, qui rappelle que « l’innovation technologique n’a de légitimité que si elle sert la justice sociale, l’équité territoriale et la dignité humaine ». L’ambition est claire : garantir à chaque citoyen, quel que soit son territoire ou sa condition sociale, un accès équivalent à la qualité des soins.
Cette exigence s’inscrit dans une vision royale structurante où la santé est élevée au rang de priorité stratégique. « La santé n’est pas une charge budgétaire mais un investissement de premier rang », est-il rappelé avec force, traduisant une inflexion profonde dans la manière de penser les politiques publiques.
GITEX Future Health Africa s’inscrit ainsi comme une plateforme de convergence. Une plateforme où se rencontrent États, industriels, startups, investisseurs et chercheurs, non pas pour échanger des diagnostics mais pour construire des solutions. « Le sujet n’est plus de parler de transformation. Le sujet, c’est de la réaliser », tranche un intervenant, résumant l’esprit de cette première édition.
L’ambition dépasse largement le cadre national. Elle est continentale. Dans un contexte où l’Afrique représente 17 % de la population mondiale pour moins de 3 % des dépenses de santé, le déséquilibre est posé comme un point de départ et non comme une fatalité. L’enjeu est désormais de structurer un marché africain de la santé, de mutualiser les capacités industrielles et de construire une souveraineté partagée.
« La souveraineté sanitaire ne peut être uniquement nationale. Elle doit être africaine », souligne le Professeur BJIJOU, appelant à une coopération renforcée, au transfert de technologies et à la construction de ponts durables entre les expertises du continent.
En filigrane, une conviction traverse l’ensemble des interventions : l’Afrique dispose des ressources, des talents et du potentiel pour maîtriser son destin sanitaire. Ce qui lui manque encore, c’est la coordination et la capacité d’exécution.
C’est précisément là que GITEX Future Health Africa entend se positionner. Non pas comme une vitrine de plus, mais comme un accélérateur de décisions. Un lieu où se signent des partenariats, où se structurent des projets, où se dessine une nouvelle cartographie de la santé africaine.
À Casablanca, le message est limpide : la santé devient un champ stratégique majeur. Et le Maroc entend en être l’un des architectes.
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