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accueil, Décryptage
lundi 31 août 2026 - 11:22

La ridicule « armada »

armada
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Ahmed naji

Il y a quelque chose d’hilarant dans la mentalité des nostalgiques espagnols d’un colonialisme passé de mode. Elle étonne autant qu’elle suscite la pitié.

En cette fin du mois d’août, l’attention des Marocains est accaparée par les prochaines élections législatives. Celle de l’opinion publique internationale est plutôt tournée vers la crise du détroit d’Ormuz et ses conséquences sur les prix à la pompe. Et voilà qu’un groupe d’embarcations venues d’Espagne se fait appeler « armada ». Leur cap ? Sebta, en Afrique. Leur prétention ? Défendre se trouver toujours en Europe !

Les propriétaires d’une cinquantaine d’embarcations ont invité leurs amis pour une balade en mer le week-end. Ils ont jeté l’ancre devant Sebta le dimanche 30 août. Objectif : agiter des fanions espagnols et prendre quelques photos-souvenirs. « Il n’y a pas de quoi fouetter un chat », me direz-vous.

Détrompez-vous. Les nostalgiques au QI limité du colonialisme européen poussent comme de la mauvaise herbe sur le vieux continent. C’est une infection qui s’étend proportionnellement à la réduction du poids géopolitique de l’Occident, au fur et à mesure que les pays émergents du Sud gagnent en importance.

Les promoteurs de cette flottille ne sont parrainés par aucune institution étatique ou organisation espagnole. Ils ont bêtement cherché à créer le buzz. Leur clownesque « armada » a sombré dans le ridicule, comme celle dite « invincible » en 1588, qui cherchait à prendre l’Angleterre.

Née de la haine du Maure, cette initiative ne pouvait s’achever que dans la discorde. Les promoteurs de la « burlesque armada » se sont déchirés. Certains ont profité de cette tribune pour tailler des croupières au gouvernement de Pedro Sánchez. Ce n’était pas prévu au programme. Les cocus de l’histoire se sont rendu compte trop tard qu’ils ont servi de paillassons.

Ces petites gens se rêvent conquistadors. Ils ont pris conscience dans l’arène qu’ils sont les taureaux. Devant eux, on agite des chiffons rouges. Rien de glorieux.

Ainsi s’est achevée la cocasse aventure des Don Quichotte du dimanche. Ils étaient à bord de leurs embarcations, manipulés par les uns, moqués par les autres. Rentrés en Ibérie la queue entre les jambes, ils pensent au pénible réveil du lundi matin, quand il faudra affronter la triste réalité d’une vie terne et sans célébrité.

Pendant ce temps, Sebta est toujours située en Afrique. Elle est toujours revendiquée par ses propriétaires légitimes. Les Marocains savourent patiemment les derniers soubresauts d’une mentalité coloniale qui n’a plus les moyens de ses ambitions.

Finie la contrebande transfrontalière. Vive les complexes portuaires de Tanger Med et Nador West Med, qui font des présides occupées de Sebta et Melilla les coûteux héritages d’un passé révolu.

Jusqu’à ce que le fruit mûr tombe de lui-même.

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Tags: AfriqueEspagneespagnolhistoireInternational

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