Najiba jalal
Il y a désormais au Maroc un rendez-vous que les citoyens attendent avec une curiosité presque populaire, bien au-delà des cercles institutionnels ou sécuritaires : les célébrations de la Direction Générale de la Sûreté Nationale. Ce qui n’était autrefois qu’un anniversaire administratif est progressivement devenu un événement national majeur, suivi par les familles, les jeunes, les médias, les experts et même les partenaires étrangers du Royaume.
Le 70ème anniversaire de la DGSN ne marque donc pas seulement sept décennies d’existence d’une institution sécuritaire. Il consacre surtout une transformation profonde de l’image de la police marocaine dans l’imaginaire collectif national.
Car quelque chose a changé au cours des dernières années.
Le citoyen marocain ne regarde plus sa police avec les mêmes yeux. Les Journées Portes Ouvertes ont profondément modifié le rapport entre l’institution sécuritaire et la société. Elles ont ouvert les portes d’un univers longtemps perçu comme fermé, opaque ou strictement répressif. Désormais, des milliers de familles découvrent les métiers de la police scientifique, les technologies de cybersécurité, les unités d’intervention, les laboratoires techniques, les brigades cynotechniques et les capacités opérationnelles modernes du Royaume.
Mais derrière la démonstration logistique ou technologique, il existe surtout une stratégie beaucoup plus profonde : celle de la reconquête de la confiance.
Dans un monde où de nombreuses institutions sécuritaires souffrent d’une crise d’image ou d’un éloignement croissant avec les populations, le Maroc semble avoir choisi une autre voie : celle d’une police qui se rapproche du citoyen sans renoncer à l’autorité de l’État.
C’est probablement ce qui explique pourquoi cet événement est devenu incontournable.
Les Journées Portes Ouvertes de la DGSN ne sont plus de simples opérations de communication. Elles sont devenues une scène où le Maroc expose silencieusement sa capacité à conjuguer sécurité, modernité, souveraineté et proximité sociale.
Et cette année revêt une portée particulière.
Le 70ème anniversaire intervient dans un contexte international marqué par des mutations sécuritaires extrêmement complexes. Les menaces ont changé de visage : cybercriminalité, manipulations numériques, trafics transnationaux, criminalité organisée, désinformation, radicalisations diffuses. Face à ces défis, les États modernes sont contraints de transformer profondément leurs appareils sécuritaires.
Or, le Maroc apparaît aujourd’hui comme l’un des pays africains ayant engagé l’une des modernisations les plus avancées de ses structures policières.
Cette évolution ne se limite plus aux équipements visibles ou aux infrastructures. Elle concerne aussi la doctrine, la formation, l’intelligence criminelle, la coopération internationale et la maîtrise technologique.
La DGSN est progressivement devenue un acteur majeur de la stabilité stratégique du Royaume.
Et le plus frappant est peut-être ailleurs : cette montée en puissance s’est accompagnée d’un effort permanent de proximité avec la population.
C’est précisément là que réside la force symbolique de ce 70ème anniversaire.
Car la « police du peuple » n’est plus simplement une formule institutionnelle. Elle devient une réalité visible dans les comportements sociaux eux-mêmes. Lorsque des familles se déplacent massivement pour assister aux démonstrations, lorsque des enfants rêvent d’intégrer les unités d’élite, lorsque des étudiants s’intéressent aux métiers de la cybersécurité ou de la police scientifique, c’est qu’une relation nouvelle s’est installée entre l’institution et la société.
Une relation fondée sur la confiance, la pédagogie et le sentiment que la sécurité fait partie du pacte national.
Au fond, ce que célèbre véritablement ce 70ème anniversaire dépasse largement la seule longévité d’une administration.
Le Maroc célèbre une institution qui a réussi, au fil des années, à devenir non seulement un pilier de l’ordre public, mais aussi un marqueur de stabilité, de souveraineté et d’adhésion populaire dans une région traversée par les incertitudes.
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