Dar Souiri a récemment accueilli une rencontre culturelle et artistique de qualité, à l’occasion de la cérémonie de signature du livre « Mostafa Khalili, entre patrimoine et transe », du chercheur et artiste Hassan Hmouch Souiri. Cette rencontre a été organisée par l’Association des Amis du Verbe, en coordination avec l’Association Place des Artistes, en partenariat avec l’Association Essaouira-Mogador, la Direction provinciale de la Culture à Essaouira, la Commune d’Essaouira et la société Sanaâ pour la Production Artistique.

Ce rendez-vous a constitué une occasion de célébrer le livre marocain, de faire revivre la mémoire artistique nationale et de mettre en lumière le parcours d’un artiste dont le nom demeure profondément associé à Essaouira et à son patrimoine culturel et artistique. Il a également témoigné d’une prise de conscience croissante de l’importance de la documentation comme moyen de préserver la mémoire collective de l’oubli, tout en établissant un lien entre le passé et le présent et en ouvrant aux nouvelles générations une fenêtre sur les figures emblématiques de la culture et de l’art marocains.

La rencontre a réuni plusieurs chercheurs, artistes, acteurs culturels et professionnels des médias, parmi lesquels Ahmed Harrouz, représentant de l’Association Essaouira-Mogador, Youssef Askour, président de l’Association des Amis du Verbe, Abderrahmane Rochd, vice-président de l’Association Place des Artistes, le producteur Ali Sanaâ, le chercheur Hassan Hmouch et le critique d’art Dr Abdellah Cheikh, aux côtés de l’artiste Mostafa Khalili, président de l’Association Place des Artistes. Le poète Noufel Saïdi a assuré la présentation des différentes séquences de la cérémonie avec une élégance littéraire et une grande fluidité.

Outre la signature du livre, la cérémonie a été ponctuée par un bouquet de morceaux musicaux gnaouis et ghiwanis, interprétés et accompagnés par le talentueux artiste Youness Paka, avec la participation de l’artiste Mostafa Dahhaoui, ainsi que par des prestations puisées dans le répertoire de la Aïta Chiadma, le tout dans une ambiance chaleureuse marquée par la présence d’un nombreux public composé notamment d’intellectuels, d’artistes, de chercheurs et de professionnels des médias.

Publié aux Éditions Rabat Net à Rabat, l’ouvrage s’inscrit dans le registre de la biographie documentée à partir du patrimoine oral transcrit. Son auteur ne se limite pas à retracer le parcours artistique de Mustapha Khalili, mais entreprend également de documenter une importante partie du patrimoine immatériel d’Essaouira. Ali Sanaâ, directeur de Sanaâ pour la Production Artistique, a assuré la production et la réalisation de l’ouvrage, une initiative considérée par les participants comme une contribution significative à la préservation de la mémoire artistique marocaine.

Dans son intervention, Youssef Askour a souligné que l’hommage rendu à Mustapha Khalili dépasse la célébration d’une figure artistique pour englober une part importante de la mémoire populaire d’Essaouira. Il a insisté sur le fait que la documentation des parcours des créateurs locaux constitue une responsabilité culturelle envers les générations futures. Il a également rappelé qu’Essaouira, riche de sa diversité artistique et culturelle, a besoin de telles initiatives pour préserver les noms de ses créateurs, leurs expériences et leurs contributions.

Pour sa part, Abderrahmane Rochd a considéré que l’hommage à Mustapha Khalili est, dans son essence, un hommage à l’artiste marocain attaché aux valeurs de l’authenticité et de l’ouverture, ainsi qu’au patrimoine en tant que vecteur de la mémoire et de l’identité de la société. Il a également salué les efforts de Hassan Hmouch Souiri dans le domaine de l’écriture et de la documentation, ainsi que le rôle joué par les différentes institutions, associations et partenaires dans la réussite des initiatives culturelles.

De son côté, l’éditeur Ali Sanaâ a expliqué que son choix de soutenir cet ouvrage procède de la volonté de documenter la vie d’un artiste qui a laissé son empreinte dans le théâtre marocain, participé à plusieurs œuvres artistiques importantes et demeuré profondément attaché au patrimoine musical et populaire. Pour lui, cette publication constitue un véritable geste de fidélité envers un artiste qui ne s’est pas contenté de préserver le patrimoine, mais qui en a été lui-même une composante vivante.

Évoquant les circonstances qui ont présidé à la naissance du livre, Hassan Hmouch a expliqué que l’idée de l’ouvrage a commencé à prendre forme au cours de sa participation, aux côtés de Mostafa Khalili, au film « Nass Lamlah », durant l’été 2023. Cette proximité lui a permis de découvrir une mémoire artistique particulièrement riche, nourrie par le malhoun, le Rezzoun, le Hamadcha, la Aïta Chiadma, le chant et la composition musicale, mais également par le théâtre, la fiction télévisuelle et le cinéma. L’auteur a ainsi choisi une approche fondée sur le dialogue et une progression chronologique afin de restituer les principales étapes de la vie et de l’expérience artistique de Mustapha Khalili.

Dans son intervention, le Dr Abdellah Cheikh a, quant à lui, souligné que l’ouvrage documente une expérience humaine avant de documenter un parcours artistique. Il a estimé qu’il constitue une contribution originale à la bibliothèque marocaine, dans la mesure où il réhabilite une expérience artistique et humaine intimement liée à la mémoire d’Essaouira et retrace un parcours qui s’est déployé à travers le théâtre, la télévision, le cinéma et les différentes expressions du patrimoine.

L’ouvrage rappelle également que Mustapha Khalili, né en 1953 dans le quartier Derb Lebbana à Essaouira, est issu d’un environnement spirituel et culturel profondément enraciné. Son parcours artistique s’est notamment nourri de l’École de Tayeb Saddiki, avant de se déployer à travers diverses expériences dans le théâtre, la musique et la création dramatique.

Ainsi, « Mostafa Khalili, entre patrimoine et transe » dépasse le cadre d’une simple biographie artistique pour devenir un document de mémoire, contribuant à préserver une partie du patrimoine culturel d’Essaouira. Il rappelle surtout que sauvegarder la mémoire des artistes et des créateurs revient, en définitive, à préserver la mémoire de la ville et, au-delà, celle du Maroc.

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