NAJIBA JALAL /
Le scrutin a livré son verdict. Le Parti authenticité et modernité arrive en tête avec 97 sièges sur 395, devant le Rassemblement national des indépendants, qui en compte 66, et l’Istiqlal, 65. Les résultats définitifs n’ont pas modifié ce classement. Le PAM a gagné la première place ; il lui reste à découvrir le visage qui l’incarnera à la tête du gouvernement.
Depuis, la bataille des pronostics se joue presque entièrement à l’intérieur du parti. Rien d’étonnant : l’article 47 de la Constitution prévoit que le Roi nomme le chef du gouvernement au sein du parti arrivé en tête des élections législatives.
Les noms de Fatima-Zahra Mansouri et de Fouzi Lekjaa dominent les conversations. Celui d’Azzedine El Midaoui apparaît aussi dans certaines lectures politiques. Chacun suscite des arguments, des réserves, des espoirs. Mais, à mesure que l’heure approche, les portraits deviennent des drapeaux et les préférences, des camps. Aucun nom qui circule n’est une nomination.
Le spectacle le plus singulier se déroule autour des intéressés. Eux retiennent leur souffle et mesurent leurs paroles. Leurs soutiens, en revanche, parlent pour deux. Sur les réseaux, chaque prétendant semble disposer d’un bataillon de voix : on vante son expérience, on proclame son évidence, puis on s’emploie à démontrer que son concurrent serait le mauvais choix. Le porte-parole officieux n’attend ni investiture ni consigne ; il entre dans l’arène, argumentaire à la main.
Cette guerre des étoiles a quelque chose de très marocain : on se dispute avec ardeur une décision que personne, parmi les commentateurs, ne détient. On attribue des intentions, on annonce des certitudes, on transforme parfois une affinité politique en information de première main. Pendant ce temps, la question la plus concrète attend toujours sa réponse : comment le PAM, avec 97 députés, construira-t-il une majorité capable de gouverner ?
Heureusement, c’est l’affaire du Roi. Le parti a obtenu des urnes la responsabilité de proposer une direction politique ; la Constitution confie au Souverain le choix de la personne appelée à former le gouvernement. Les bataillons numériques peuvent poursuivre leur bataille. Ils ne signeront pas le communiqué de nomination.
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