Le paysage post-Minurso tracé par le communiqué du Cabinet royal du 4 novembre apaise les inquiétudes suscitées par le double véto russe et américain au Conseil de sécurité de l’ONU. Le cessez-le-feu est maintenu et le développement des provinces du Sud demeure une priorité, au même titre que la défense de l’intégrité territoriale.
Cinq jours après ce double véto relatif à la question du Sahara, SM le Roi a présidé « une séance de travail consacrée au suivi de l’étape à venir après la fin des tâches de la mission des Nations Unies », comme l’indique le communiqué du Cabinet royal en date du 4 novembre.
La participation de la Cheffe du gouvernement, Fatimazahra El Mansouri, du Conseiller de Sa Majesté, Fouad Ali El Himma, du ministre de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit, ainsi que du Général de division Mohammed Berrid, Inspecteur général des Forces armées royales (FAR) et Commandant de la Zone Sud, reflète les priorités énoncées par le précédent communiqué du Cabinet royal, daté du 30 octobre.
Y figurent le respect de l’intégrité territoriale du royaume, la sécurité nationale — en particulier celle des habitants des provinces du Sud —, de même que la poursuite du développement de ces provinces et des projets structurants y afférents, tels que le port de Dakhla et la voie express Tiznit-Dakhla, baptisée « Autoroute Donald Trump ».
Voilà de grands chantiers qui ne se limitent pas au développement des provinces du Sud, mais qui concernent l’essor économique de l’ensemble du royaume et sa connexion routière avec l’Afrique subsaharienne.
Un cessez-le-feu qui tient, une armée qui veille
L’accent a également été mis sur le maintien du cessez-le-feu, en tant qu’engagement volontariste du Maroc qui ne faillira pas avec la fin du mandat de la MINURSO. La présence du Général Berrid rappelle toutefois que les FAR veillent, avec vigilance et fermeté, au respect de l’intégrité territoriale du royaume.
Si le contexte international et les propres défaillances de la MINURSO ont rendu sa raison d’être caduque, il n’en demeure pas moins que le contexte régional est aujourd’hui plus complexe et plus menaçant qu’à l’époque de la signature du cessez-le-feu, en 1991. Le polisario a officiellement annoncé la rupture de ce cessez-le-feu il y a déjà six ans. Ce sont les drones des Forces royales air qui ont refroidi les ardeurs belliqueuses des miliciens séparatistes.
Le polisario n’étant qu’une entité fictive à la solde d’Alger, nombre d’observateurs s’interrogent sur la réaction que devraient les dirigeants algériens, désormais qu’il n’y a plus de MINURSO pour jouer le rôle de tierce partie neutre entre les protagonistes.
D’autres questions se posent concernant les rivalités d’influence et d’intérêts, sur l’échiquier africain, entre les États-Unis et les pays occidentaux d’une part, et la Russie d’autre part. Au grand bonheur des partisans de la paix, la Russie, principal fournisseur d’armes de l’Algérie, qui soutient les ambitions de Moscou dans le Sahel, tient à préserver ses relations avec Rabat. De même, les États-Unis, alliés du Maroc, ont des intérêts énergétiques à défendre en Algérie. Personne ne souhaite voir le Maghreb plonger dans un conflit fratricide sanglant.
En attendant la mise en place d’un nouveau cadre institutionnel permettant de poursuivre le processus politique de résolution du conflit du Sahara, le Maroc exerce pleinement sa souveraineté sur ses provinces du Sud et continue d’y investir dans le développement socioéconomique, pour le bien-être de sa population.
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