Saïd Bou-Ayach/
1- La Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2025 célèbre sa 35ᵉ édition au Maroc. Le Royaume accueille la compétition pour la deuxième fois de son histoire, après 1988. Du 21 décembre 2025 au 18 janvier 2026, des centaines de milliers de supporters africains ont débarqué pour vivre cet événement historique. Jusque-là, rien de choquant, n’est-ce pas ? La CAN est une grande fête continentale, un carnaval de passion, de chants et de drapeaux. Et quoi de plus logique que de la célébrer dans un pays connu pour son hospitalité légendaire ? Bref, tout va bien dans le meilleur des mondes… ou presque.
2- Dès les premiers coups de sifflet, les visiteurs se sont mis à poster, publier et partager à tour de bras : matchs, ambiances, stades… mais surtout routes, tramways, trains, aéroports et villes modernes. Le choc culturel est réel. Nos frères africains découvrent, parfois avec stupeur, que le Maroc est une nation en marche, qui se développe et se positionne naturellement en exemple à suivre pour tout un continent. Selon leurs propres témoignages, le pays n’a plus grand-chose à envier aux fameuses « nations du Nord ». Sacrilège !
3- Parmi cette vague d’enthousiasme, un détail a provoqué une crise d’urticaire aiguë : les publications de certains Algériens. Là-haut, au sommet du régime des caporaux, l’indigestion est sévère. Car ces vidéos, ô drame suprême, ne contiennent ni mensonges, ni montages douteux, ni voix off haineuse. Juste la réalité. Et c’est précisément là que le bât blesse : la vérité est parfois plus dangereuse qu’une armée.
4- Depuis sa création en 1962, l’Algérie s’est pourtant montrée constante : le Maroc est pauvre, arriéré, misérable, à genoux… Une litanie répétée avec foi par une « presse » plus disciplinée qu’un défilé militaire nord-coréen. Mieux encore, le régime vert-kaki s’est essayé à la science-fiction historique en réécrivant le passé dans les manuels scolaires. Heureusement, le ridicule ne tue pas, sinon il faudrait agrandir le cimetière El Alia !
5- Les vidéos de nos frères algériens ont cependant de quoi déplaire à Chengriha and Co. Des tramways flambant neufs, des bus écologiques, des trains à grande vitesse, des installations sportives de très haut niveau, des quartiers flambant neufs à l’image de Casa Finance City, et j’en passe… de quoi ruiner des décennies de propagande ! Alors ma Ayacha-community se pose une question tout à fait légitime : nos frères algériens ont-ils flairé la supercherie du régime des caporaux ? Eh baaah, la réponse est oui, puisque leur impuissance face à la réalité est irréversible ! Le réveil est brutal !
6- Panique générale au sommet de l’État-major. Que faire face à cette catastrophe audiovisuelle ? Réponse géniale du général Chengriha : punir ceux qui filment. Brillante idée aussitôt soutenue par le général Aït Ouarabi, alias le général Hassan. Standing ovation. Un enfant de 7 ans aurait proposé une solution plus élaborée, mais qu’importe : au régime des caporaux, la devise est simple : au diable la compétence, place aux béni-oui-oui !
7- Ceci n’est pas un canular : un journaleux (et ça reste élogieux) a été désigné porte-parole de cette croisade contre la réalité… par le caporal en chef, j’ai nommé Saïd Chengriha. Signalons tout de même que l’énergumène, à l’occasion mercenaire, a été captif lors de la bataille d’Amgala en février 1976… Et depuis, eh baaah, il voue une haine viscérale au Maroc… À l’image de toute la caste dirigeante de notre voisin de l’Est, qui sait pertinemment ce que leur jeune pays doit au Royaume chérifien et à ses douze siècles d’histoire… Ingratitude quand tu nous tiens !
8- Fermons la parenthèse historique et revenons à la comédie actuelle … Le journaleux en question et héros du jour, n’est autre que Mecharka Aref, un gratte-papier à la solde des pontes de l’ANP… Dans un élan digne des pires dictatures, il a le mérite d’avoir commis l’impensable… Menacer ses concitoyens de poursuites judiciaires pour avoir posté des stories de villes marocaines… Kim Il-sung doit être ravi : depuis l’au-delà, ses préceptes sont toujours d’actualité… dans les dictatures militaires.
9- L’andouille va même jusqu’à insulter ses concitoyens, les traitant de bétail, tout en pleurnichant en expliquant que ces vidéos renforcent le « Makzhen »… Bref, toujours la même soupe froide servie par Alger depuis sa création, il y a à 63 ans… Indulgents que nous sommes, nous mettons cela sur le compte de la fougue de la jeunesse…d’un très jeune pays !
10- Mecharka Aref fait en somme ce qu’il a à faire, à savoir lécher les bottes des cadors du régime vert-kaki… Il parle à titre personnel et, si pour lui l’argent importe plus que la crédibilité, grand bien lui fasse… Mais la farce atteint son apogée lorsque Dzaïr TV, la chaîne privée qui l’emploie, relaie sa sortie en suggérant que les Algériens ayant filmé des infrastructures marocaines pourraient être poursuivis comme agents des renseignements marocains dès leur retour en Algérie ! Rien que ça… Résultat : des supporters stressés, un régime ridiculisé et une propagande qui s’effondre… encore une fois, sous le poids de la réalité ya jedek !
