Amara : La prise en compte des travaux de soin des femmes augmente le PIB du Maroc de 16 %.

Amara : La prise en compte des travaux de soin des femmes augmente le PIB du Maroc de 16 %.

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Ihtisab des travaux de soins pour les femmes : une hausse de 16 % du PIB marocain

Le président du Conseil économique, social et environnemental, Abdelkader Amara, a affirmé que l’intégration du « travail non rémunéré » dans les comptes économiques pourrait contribuer à augmenter le produit intérieur brut du Maroc d’environ 19 %, dont 16 % proviennent des soins fournis par les femmes.

Amara a précisé, lors d’une rencontre de sensibilisation organisée par le conseil sur le sujet de l’économie du soin au Maroc, que le développement de cette économie ne représente pas seulement un engagement envers l’État social, mais pourrait également constituer une pierre angulaire pour le développement économique inclusif et renforcer la résilience des familles, en particulier celles dirigées par des femmes.

L’« économie du soin » est définie comme l’ensemble des activités visant à satisfaire les besoins physiques, psychologiques et émotionnels des individus, qu’ils soient enfants, adultes malades, personnes âgées ou personnes en situation de handicap. Cela inclut les soins rémunérés, tels que ceux fournis par les aides à domicile, les infirmiers et les éducateurs de jeunes enfants, ainsi que les soins non rémunérés au sein des familles et de la communauté, comme la cuisine, le nettoyage, l’alimentation des nourrissons et l’accompagnement des malades.

Amara a souligné que la demande pour ces services augmente en raison des transformations démographiques et sociales au Maroc, notamment l’augmentation de l’espérance de vie, le vieillissement de la population, la prévalence des maladies chroniques, ainsi que la transition vers des structures familiales nucléaires ou monoparentales.

Il a insisté sur le fait que les infrastructures et services existants, tant dans le secteur public que privé, ne suffisent pas à répondre à ces besoins, et que des disparités importantes existent entre les régions. De plus, les programmes actuels restent souvent fragmentés et soumis à des approches sectorielles ou de groupe, ce qui nécessite l’élaboration d’une vision intégrée du système de soins.

Des enquêtes effectuées par le conseil, dans lesquelles 1591 personnes ont participé, ont révélé que 51 % des individus recourent régulièrement à des services de soutien et de soin, tandis que 31 % y ont recours de manière occasionnelle, ce qui signifie que plus de 80 % des Marocains ont bénéficié de ces services de manière directe ou indirecte.

En ce qui concerne les prestataires de ces services, les enquêtes ont montré que 44 % d’entre eux sont des professionnels rémunérés, 30 % des membres de la famille ou des proches, et 21 % des bénévoles ou des associations, alors que les services publics ne représentent que 4,5 %.

Les résultats ont également mis en évidence que ces services se concentrent à 61 % sur l’aide médicale et paramédicale, à 38 % sur le soutien psychologique et émotionnel, et à 22 % sur l’assistance dans les tâches ménagères.

Amara a souligné les principaux obstacles à l’accès à ces services, tels que le manque de personnel qualifié à hauteur de 47 %, le coût élevé des services à 29 %, et le manque d’infrastructures de soins à 21 %.

Concernant la situation des aides familiaux, 60 % des participants estiment ne pas bénéficier d’une reconnaissance suffisante, tandis que 56 % de ceux-ci suggèrent un statut légal pour ces professions, 47 % préconisent l’établissement d’un régime de base, et 48 % demandent une amélioration des conditions de travail.

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