Europol a mené hier, mercredi, l’une des plus grandes opérations de démantèlement de la production et de la distribution de drogues synthétiques à travers plusieurs pays européens, une initiative qualifiée de sans précédent.
Les autorités ont mis hors d’état de nuire 24 laboratoires et saisi environ une tonne de matières chimiques utilisées pour fabriquer des drogues telles que l’ecstasy (MDMA), le méthamphétamine et l’amphétamine. Plus de 85 personnes ont été arrêtées, y compris les deux chefs de réseau, originaires de Pologne.
Andy Kraag, directeur du Centre de lutte contre la criminalité organisée en Europe, a affirmé que cette opération représente « un coup dur porté aux groupes criminels impliqués dans le trafic de drogues synthétiques », soulignant les bénéfices colossaux que réalisait ce réseau, avec un rendement d’environ 30 euros pour chaque euro investi dans la production.
Des forces de police de Belgique, République tchèque, Allemagne, Pays-Bas, Pologne et Espagne ont participé à cette campagne, qui fait suite à une enquête d’un an révélant que les matières premières importées de Chine et d’Inde étaient reconditionnées pour être distribuées à des laboratoires de fabrication de drogues en Europe.
Kraag a également mis en garde contre l’impact environnemental et sanitaire de ces drogues, signalant la saisie de plus de 120 000 litres de déchets chimiques toxiques qui étaient rejetés dans la nature et les cours d’eau.
Europol a confirmé que cette opération représente une étape dans une stratégie plus large visant à éradiquer l’industrie des drogues synthétiques. Cependant, les réseaux similaires demeurent actifs et les enquêtes continuent.

