La Confédération marocaine des très petites, petites et moyennes entreprises (TPME) tire la sonnette d’alarme : une faillite collective menace 83 % de la main-d’œuvre au Maroc.
La Confédération a dressé un tableau préoccupant de la situation du tissu entrepreneurial national, après avoir révélé un bilan choquant pour l’année 2025, avec 52 000 cas de faillites. La gravité de ces chiffres est accentuée par le fait que 99 % de ces entreprises en difficulté appartiennent à la catégorie des très petites entreprises, ce qui pose de véritables défis à l’économie nationale, étant donné le rôle vital joué par ce segment dans l’absorption du chômage et la croissance. Ces entreprises représentent plus de 98 % de l’ensemble des entreprises et emploient plus de 83 % de la main-d’œuvre au Maroc.
La Confédération attribue cette tendance à une série de contraintes structurelles et fiscales qui étouffent les petites entreprises, avec en tête l’inquiétante perspective d’une augmentation de l’imposition de 10 % à 20 %, coïncidant avec l’arrêt de programmes de financement essentiels, tels que « Anlta » et « Forsa ». Pour aggraver la situation, les bénéficiaires du programme « Anlta » se trouvent dans l’engrenage de poursuites judiciaires en raison de ce que l’institution a qualifié de rigidité des banques et de négligence des administrations publiques concernant leurs engagements de soutien et d’accompagnement, la majorité des établissements bancaires refusant de restructurer les prêts pour les bénéficiaires en proie à des crises financières sévères.
Concernant les politiques publiques, le rapport fait état d’un profond mécontentement face à l’exclusion de cette catégorie du nouveau Pacte d’investissement, qui impose des conditions qualifiées par la Confédération d’abusives, telles que la nécessité d’investir au moins un million de dirhams pour bénéficier d’un soutien gouvernemental, ce qui constitue un point de contention majeur avec le gouvernement. De plus, ces entreprises continuent également d’être privées de leur part légale de 20 % dans les marchés publics, en raison de l’absence de décrets d’application d’un arrêté datant de 2013, qui empêche les petites entreprises d’accéder à des contrats d’État dominés par de grandes entreprises.
La crise ne s’arrête pas aux questions de financement et de législation ; elle englobe également le problème des retards de paiement et l’accumulation de dettes dues à des entreprises et institutions publiques défaillantes, entraînant dans de nombreux cas l’effondrement soudain d’entreprises qui, bien que disposant de commandes, manquent de liquidités. Tout cela survient à un moment où les conséquences de la pandémie de COVID-19, ainsi que des années consécutives de sécheresse et de pressions inflationnistes, continuent d’alourdir la capacité de ces entreprises à résister, dans un contexte marqué par l’absence de facilités administratives significatives de la part des services fiscaux et de la Caisse nationale de sécurité sociale.
En prévision de l’année 2026, un sentiment de pessimisme prédomine parmi les acteurs professionnels qui estiment que la poursuite de ces politiques pourrait entraîner une hémorragie encore plus grande au sein du tissu entrepreneurial national. La Confédération tire la sonnette d’alarme concernant les perspectives à venir, prévenant qu’absence d’une intervention gouvernementale urgente pour réexaminer les conditions du Pacte d’investissement et fournir des solutions de financement réalistes, l’année prochaine risque de n’être qu’une prolongation de la série de faillites qui menace déjà la paix sociale et la stabilité économique des petits entrepreneurs et des bénéficiaires du statut d’auto-entrepreneur.
