Le port de Nador West Mediterranean attire des investissements industriels massifs et établit un centre industriel et logistique avancé au Maroc.
Le port de Nador West Mediterranean commence à attirer des investissements industriels considérables, susceptibles de redéfinir la carte économique de la région de l’Est et de renforcer la position du Maroc en tant que centre industriel et logistique dans le bassin méditerranéen.
Parmi ces investissements, le groupe français Renault a initié des recherches pour établir un site de production de véhicules électriques près du port, une initiative qualifiée par les experts de tournant qualitatif vers une industrie propre et technologiquement avancée.
Selon le site « Africa Intelligence », l’implantation de Renault dans la province de Nador représente un levier stratégique pour le développement de l’industrie automobile au Maroc, en mettant l’accent sur les technologies modernes et la durabilité, ainsi qu’en renforçant l’innovation dans les chaînes de production et d’approvisionnement locales, ouvrant la voie à un écosystème industriel intégré à forte valeur ajoutée.
Ce projet devrait générer des milliers d’emplois pour les jeunes de la région et fournir de nouvelles compétences dans les domaines de la technologie et de l’industrie moderne, offrant ainsi un élan économique et social tangible à la région de l’Est et renforçant son attractivité pour les investissements.
Nizar Baraka, ministre de l’Équipement et de l’eau, a confirmé que le port de Nador West Mediterranean sera opérationnel dans la seconde moitié de l’année 2026, tandis que l’ouverture du port d’El Guergarate est prévue pour 2028.
Azziz Yahya, coordinateur des études et des travaux du projet, a précisé que les infrastructures de la première phase sont achevées, tandis que les équipements d’exploitation sont en cours de fabrication sous la supervision de « Marsa Maroc » et d’autres partenaires. Il a ajouté que le projet a été conçu avec une vision à long terme et repose sur trois phases complémentaires, en soulignant que la demande croissante pour le port a encouragé l’accélération des travaux d’extension du quai ouest, initialement prévue sur cinq ans.
L’exploitation du port coïncidera avec le lancement de la première tranche de la zone industrielle et logistique couvrant 800 hectares, dont 270 hectares seront dédiés aux industries vertes, permettant ainsi la création d’un écosystème intégré alliant activités portuaires et industrielles.
En témoignant de la préparation de l’infrastructure industrielle de la région, l’entreprise chinoise « Ailion », spécialisée dans les composants d’énergies renouvelables, a expédié sa première cargaison de pales d’éoliennes vers le marché européen depuis son usine située à Amjao, dans la province de Driouch, via le port de Nador, après avoir obtenu l’autorisation du ministère de l’Équipement et de l’eau pour exporter ses produits.
Le port de Nador West Mediterranean constitue une concurrence directe pour le port de Tarifa en Espagne, dans le cadre d’une vision nationale visant à développer l’infrastructure portuaire et à renforcer la compétitivité de l’économie nationale. Le port comprend une terminal pour le gaz naturel liquéfié, ainsi que des zones industrielles pouvant être étendues à l’avenir pour atteindre environ 5000 hectares, avec une capacité annuelle comprise entre 3,5 et 5,5 millions de conteneurs, ce qui le positionne de manière compétitive malgré la domination continue du port de Tanger Med en matière de volume d’échanges.
Le projet est lié à un large programme visant à améliorer les liaisons routières et logistiques, incluant la construction d’une nouvelle autoroute et la modernisation des axes stratégiques vers Fès et Meknès, afin de réduire le temps de déplacement et d’améliorer l’attractivité économique. Le projet bénéficie d’un soutien financier européen dépassant 300 millions d’euros, illustrant ainsi la confiance des partenaires internationaux dans la capacité du Maroc à réaliser des projets structurants d’envergure méditerranéenne et continentale, et affirmant la position du port comme une porte d’entrée stratégique vers les marchés européens, africains et américains.
