Midaoui : l’anglais, langue de la science et enjeu pour l’augmentation des compétences des étudiants universitaires
Le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation, Azeddine Midaoui, a affirmé que l’amélioration des compétences linguistiques des étudiants marocains est un choix stratégique inscrit dans le cadre de la loi-cadre de réforme du système éducatif et de la formation, et ne constitue pas une mesure ponctuelle ou isolée. Cela faisait suite à des questions orales posées par le groupe de l’Istiqlal de l’Unité et de la Modernité ainsi que celui du Parti Authenticité et Modernité lors d’une session à la Chambre des représentants.
Midaoui a précisé, dans l’introduction de sa réponse, que la question des langues fait partie de la continuité des politiques publiques, en soulignant que son ministère a commencé à mettre en œuvre ce projet via une approche multidimensionnelle, alliant réforme pédagogique et innovation numérique.
Dans ce contexte, le ministre a évoqué la plateforme nationale d’apprentissage des langues, qui a suscité un large débat au sein du parlement, en considérant qu’elle n’a pas reçu l’appréciation qu’elle mérite. Il a souligné qu’il s’agit de la première plateforme entièrement marocaine, conçue et développée par des compétences nationales composées d’enseignants, d’ingénieurs et de techniciens marocains, à coût symbolique, renforçant ainsi la souveraineté nationale dans la gestion des langues.
Il a également indiqué que la plateforme permet d’apprendre cinq langues, à savoir l’arabe, l’amazigh, le français, l’espagnol et l’anglais, ajoutant que ce projet représente un progrès qualitatif dans la gestion du plurilinguisme au sein des universités marocaines.
Midaoui a mentionné que son ministère a prévu d’introduire des unités de connaissances dans d’autres langues que la langue d’enseignement, permettant ainsi aux étudiants de renforcer leurs compétences linguistiques. Ainsi, les étudiants des filières utilisant le français auront la possibilité de choisir l’anglais, tandis que ceux des filières arabophones pourront apprendre le français ou l’anglais, notamment lors des semestres avancés.
Le ministre a insisté sur le fait que l’anglais bénéficie d’une attention particulière en tant que langue de la science et de la recherche scientifique, précisant que l’enseignement du français se concentre principalement durant les premier et deuxième semestres, tandis que les autres semestres incluront des unités d’apprentissage des langues étrangères.
En revanche, Midaoui a mis en exergue que le nouveau cadre des règles pédagogiques stipule l’enseignement d’une unité de connaissances en langue arabe même au sein des filières pratiquant des langues étrangères, afin de préserver la place des langues nationales.
Pour sa part, le groupe de l’Istiqlal de l’Unité et de la Modernité a soulevé le problème du retard dans la mise en œuvre de certaines dispositions de la loi-cadre, en particulier concernant l’adoption du cadre de référence national pour l’enseignement des langues et l’absence de textes réglementaires clairs pour améliorer les compétences linguistiques des étudiants, leur permettant ainsi de contribuer efficacement à la recherche scientifique et de renforcer leurs chances d’insertion sur le marché de l’emploi.
À l’inverse, le groupe du Parti Authenticité et Modernité a salué la stratégie adoptée par le ministère, notamment la création de la plateforme nationale d’apprentissage des langues, appelant à assurer sa mise en œuvre et son intégration effective dans les parcours universitaires, tout en incitant les étudiants à l’utiliser, avec une mise à jour de son contenu et une garantie de sa qualité pédagogique.
En conclusion, le ministre de l’Enseignement supérieur a affirmé que la mise en place de la plateforme est dans sa phase finale, et que les universités disposent déjà de cet outil, invitant la commission de l’Éducation et de la Culture à se pencher directement sur le projet pour évaluer sa valeur ajoutée.
Midaoui a réaffirmé, à la fin de son intervention, la nécessité d’aborder la question des langues avec réalisme, indiquant qu’il est difficile de corriger des défaillances accumulées par l’élève durant douze années d’études en peu de temps dans l’enseignement supérieur, et soulignant que la réforme des langues est un processus cumulatif qui nécessite du temps et de la continuité.

