Un rapport récent des Nations Unies avertit que la région du Nord de l’Afrique, y compris le Maroc, est sur le point d’entrer dans ce que l’on appelle « la faillite hydrique structurelle », après que la situation des ressources en eau ait dépassé le stade de stress temporaire pour atteindre un échec structurel dans les systèmes hydrauliques.
Intitulé « Faillite hydrique mondiale », ce rapport émanant de l’Institut de l’Université des Nations Unies pour l’eau, l’environnement et la santé classe le Nord de l’Afrique parmi les régions les plus affectées au monde, la plaçant dans la catégorie des « risques hydriques extrêmement élevés », le plus haut niveau mondial qui combine rareté de l’eau, détérioration de sa qualité et mauvaise gouvernance.
Les cartes de risques et les données scientifiques accompagnant le rapport, d’une longueur de 72 pages, confirment que le Maroc est situé dans des zones colorées en rouge foncé, ce qui reflète des niveaux très élevés d’insécurité hydrique, et il a été classé dans la catégorie critique selon les indicateurs de risque hydrique global.
Concernant la sécurité hydrique à l’échelle mondiale, le rapport souligne qu’environ trois quarts de la population mondiale vivent dans des pays à faible sécurité hydrique ou en situation d’insécurité critique, avec les pays africains en tête de cette liste, le Maroc n’étant pas épargné.
L’Université des Nations Unies a mis en garde contre ce qu’elle a qualifié de « risques hydriques globaux », classant le Maroc et le Nord de l’Afrique dans la catégorie la plus élevée de l’indice des risques hydriques globaux, ce qui reflète une fragilité croissante dans l’équilibre des ressources en eau.
Pour expliquer cette crise, le rapport considère que la région méditerranéenne et le Nord de l’Afrique sont un modèle de ce que l’on appelle « la sécheresse d’origine humaine », en raison de la domination des facteurs humains tels que la mauvaise gestion, l’exploitation excessive et le changement climatique sur les variations naturelles, transformant la sécheresse d’un phénomène temporaire en une nouvelle normalité.
La source souligne également l’épuisement accéléré des aquifères, notant qu’environ 40 % des cultures dans les pays du sud, y compris le Maroc, dépendent d’eaux souterraines exploitées à un rythme plus rapide que leur recharge, ce qui lie la sécurité alimentaire à des réservoirs d’eau quasi en faillite.
Le rapport fait état de la perte de vastes zones de terres humides en Afrique, qui jouent un rôle vital dans l’absorption des chocs hydriques, précisant que le monde a perdu, au cours des cinquante dernières années, une superficie équivalente à celle de l’Union européenne de ces écosystèmes, contribuant à une augmentation de la fréquence des tempêtes de poussière et de sable dans la région.
Concernant les recommandations, l’Institut de l’Université des Nations Unies pour l’eau, l’environnement et la santé appelle à un passage d’une logique de « gestion de crise » à celle de « gestion de faillite », exigeant l’abandon de solutions d’urgence temporaires, telles que le forage anarchique de puits, et la reconnaissance de la perte irréversible de certaines ressources en eau.
Le rapport insiste sur la nécessité de prendre en compte l’équité hydrique, notant que le coût de la faillite hydrique est inégal supporté par les catégories vulnérables, notamment les petits agriculteurs et les habitants des zones rurales, ce qui nécessite des politiques de compensation et de protection sociale.
À l’inverse, le rapport estime que la question de l’eau représente une opportunité stratégique pour le Maroc et les pays du Nord de l’Afrique de revitaliser la coopération régionale et internationale, et de mobiliser des financements climatiques destinés à renforcer la sécurité hydrique.
La même source met en garde contre des conséquences sociales et économiques graves, soulignant qu’environ trois milliards de personnes vivent dans des zones où le stockage total des eaux diminue, une grande partie d’entre elles se trouvant en Afrique, où l’agriculture représente entre 25 et 60 % des emplois, faisant de la faillite hydrique un facteur direct de pauvreté et de chômage.
En conclusion, le rapport indique que la rareté de l’eau et la sécheresse, comme cela a été observé dans plusieurs pays africains, ont entraîné le déplacement de centaines de milliers de personnes, considérant que la faillite hydrique ne relève plus seulement d’une problématique environnementale, mais est devenue une question de sécurité nationale et de stabilité politique.

