Le ministre de l’Intérieur français, Laurent Nunez, a adressé une correspondance urgente aux préfets, les exhortant à renforcer l’état de vigilance sécuritaire et à mobiliser tous les moyens disponibles, afin d’éviter la répétition des désordres et troubles qui ont accompagné les célébrations des supporters après la qualification de l’équipe algérienne pour les quarts de finale de la Coupe d’Afrique des nations 2025.
Cette initiative intervient quelques jours avant les matchs des quarts de finale et des demi-finales, dans un contexte d’inquiétude croissante des autorités françaises, craignant que les manifestations sportives ne se transforment en une menace directe pour l’ordre public, plusieurs célébrations antérieures ayant débordé les cadres sportifs dans plusieurs grandes villes.
Selon les médias français, cette correspondance fait suite à des faits observés par les services de sécurité lors des célébrations après la victoire de l’équipe algérienne. Des rassemblements de supporters se sont tenus dans des villes comme Paris, Lyon, Lille, et Marseille, certains d’entre eux ayant dégénéré en actes de vandalisme, en utilisation de matériel pyrotechnique interdit et en agressions contre des forces de police.
À Paris, le quartier de « Barbès » a enregistré des événements qualifiés de sensibles sur le plan sécuritaire, avec des fusées et matériaux pyrotechniques allumés en pleine rue. Cette situation a conduit la régie des transports parisiens à suspendre le service de métro dans la station concernée pendant une heure, un geste exceptionnel illustrant l’ampleur des craintes d’une dégradation de la situation.
À Lille, dans le nord du pays, des interventions policières ont été plus violentes, des projectiles ayant été tirés en direction des forces de l’ordre lors de la dispersion de rassemblements non autorisés, ce qui a entraîné des blessures légères pour un agent de police, un incident considéré par les autorités comme un passage dangereux de certaines limites.
Le ministère de l’Intérieur français a estimé que la coïncidence de ces événements dans plusieurs villes, avec des modes d’action similaires, ne pouvait plus être perçue comme de simples cas isolés, mais reflétait un comportement collectif récurrent nécessitant une approche sécuritaire et légale plus stricte.
Dans ce cadre, la correspondance ministérielle a insisté sur la nécessité de mobiliser et de coordonner les différents services de sécurité, d’activer les instruments de police administrative, en particulier en ce qui concerne l’interdiction de vente et de circulation de matériaux pyrotechniques, et de renforcer la surveillance durant les périodes de matchs, en réprimant toutes les formes d’occupation illégale du domaine public et en contrant les entraves à la circulation.
Elle a également appelé à l’application stricte des mesures légales contre les personnes impliquées dans les actes de violence ou de vandalisme, y compris la possibilité de retirer ou d’annuler les titres de séjour pour les étrangers, et à une coordination étroite avec les autorités judiciaires pour garantir un suivi immédiat des infractions.
La correspondance n’a pas caché son ton direct, affirmant que cet avertissement était lié aux événements survenus après la qualification de l’équipe algérienne, signalant un changement dans le discours officiel français, qui veillait auparavant à séparer le sport et le comportement de certains supporters, ce qui, à la lumière des évolutions sur le terrain, nécessite une réévaluation de cette séparation.
Ces développements interviennent dans un climat interne français tendu, où se mêlent des questions de sécurité, d’immigration et d’intégration, alors que se rapprochent des moments cruciaux pour la Coupe d’Afrique des nations, augmentant les craintes des autorités quant à la répétition ou à l’aggravation du scénario de désordre dans les jours à venir.
