Le vice-ministre des Affaires étrangères iranien, Majid Takht-Ravanchi, a exprimé la disposition de son pays à faire des concessions concernant son stock d’uranium enrichi, en échange d’une levée des sanctions américaines, dans le cadre de la reprise des négociations nucléaires entre l’Iran et les États-Unis.
Dans une interview diffusée dimanche par la BBC, le responsable iranien a affirmé que son pays était prêt à s’engager dans un règlement si Washington démontrait sa véritable volonté de lever les sanctions. Il a indiqué qu’une nouvelle ronde de négociations se tiendrait mardi prochain, après la reprise des discussions le 6 février à Mascate.
La Suisse a annoncé qu’elle accueillera une nouvelle session de pourparlers à Genève la semaine prochaine, avec l’hospitalité du Sultanat d’Oman, sans préciser de date exacte.
Les pays occidentaux et Israël, qui est considérée comme la seule puissance nucléaire au Moyen-Orient selon des experts, accusent l’Iran de chercher à développer une arme nucléaire, accusation que Téhéran dément en affirmant son droit à un programme nucléaire civil.
Dans ce contexte, Takht-Ravanchi n’a pas écarté la possibilité d’expédier plus de 400 kilogrammes d’uranium enrichi à l’étranger, estimant qu’il était prématuré de trancher sur les détails des conséquences des négociations. Plusieurs pays, y compris la Russie, avaient proposé d’accueillir ce stock, alors que Téhéran avait précédemment rejeté cette idée.
Le sort de ce stock reste flou, celui-ci ayant été vu pour la dernière fois lors d’une inspection effectuée par l’Agence internationale de l’énergie atomique le 10 juin, avant des frappes israéliennes et américaines sur des sites nucléaires iraniens.
Selon l’agence, l’Iran enrichissait l’uranium à 60 %, dépassant largement le seuil de 3,67 % stipulé dans l’accord nucléaire de 2015, dont les effets ont expiré. L’ancien président américain Donald Trump avait à plusieurs reprises appelé à un arrêt total de l’enrichissement, mais le responsable iranien a souligné que « la question d’un enrichissement à zéro n’était plus pertinente » pour Téhéran.
Pour sa part, l’agence de presse Fars a rapporté qu’un responsable du ministère iranien des Affaires étrangères a indiqué que les discussions portaient également sur des investissements américains potentiels dans le secteur énergétique iranien, ce qui reflète une approche plus large dépassant le seul cadre technique du dossier nucléaire.



