Younes Sekkouri affirme : l’emploi des jeunes des villages est un chantier national avec 167 000 nouveaux postes
Younes Sekkouri, ministre de l’Inclusion économique, des petites et moyennes entreprises, de l’emploi et des compétences, a confirmé que la lutte contre le chômage des jeunes, en particulier dans les zones rurales, est devenue un projet national stratégique. Ce projet intègre des dimensions économiques, sociales, éducatives et régionales, considérant que l’emploi est le reflet de la croissance, un indicateur de l’efficacité des politiques publiques et un garant de la dignité et de la stabilité sociale du citoyen.
Cette déclaration a été faite en réponse à une question écrite concernant l’emploi des jeunes dans les zones rurales, où il a souligné que la création d’un emploi décent et durable figure au cœur des priorités du gouvernement, conformément aux directives royales.
Le ministre a annoncé la création de 167 000 nouveaux postes à l’échelle nationale, dont 164 000 en milieu urbain et 3 000 en milieu rural, précisant que cette amélioration découle d’une augmentation des emplois rémunérés de 220 000 postes, tandis que les emplois non rémunérés ont diminué de 54 000 postes.
S’agissant des secteurs, le secteur des services a généré le plus d’emplois, avec la création de 94 000 postes, suivi par le bâtiment et les travaux publics avec 90 000 postes, puis l’industrie avec 29 000 postes. En revanche, le secteur de l’agriculture, des forêts et de la pêche a perdu près de 47 000 postes.
Le nombre de chômeurs a également diminué, avec une réduction de 55 000 personnes entre le troisième trimestre de 2024 et le même trimestre de 2025, passant de 1 683 000 à 1 629 000 chômeurs, soit une baisse de 3 %. Cette baisse est attribuée à une diminution du chômage de 29 000 personnes en milieu urbain et de 25 000 en milieu rural.
En ce qui concerne le taux de chômage chez les jeunes âgés de 15 à 24 ans, il a baissé de 1,1 point pour s’établir à 38,4 %, tandis que le taux a légèrement diminué pour la tranche d’âge de 25 à 34 ans de 0,1 point, atteignant 20,8 %. Chez les titulaires de diplômes, il a diminué de 0,8 point, s’élevant à 19 %.
Une légère augmentation a été enregistrée chez les détenteurs de diplômes de l’enseignement secondaire, de 0,5 point et chez les diplômés de l’enseignement supérieur de 0,4 point, tandis que le taux chez les techniciens et les cadres intermédiaires a connu une diminution significative de 2,3 points.
Sekkouri a déclaré que les programmes actifs de l’emploi constituent un pilier essentiel pour lutter contre le chômage, mettant en avant que, entre 2021 et septembre 2025, environ 776 000 chercheurs d’emploi ont bénéficié d’entretiens de conseil individuel, et 503 800 personnes ont assisté à des ateliers de recherche d’emploi.
Plus de 665 820 chercheurs d’emploi ont été intégrés à travers des programmes de soutien à l’emploi salarié, dont 86 % par le biais d’un programme d’intégration et 14 % par un programme d’incitation destiné aux nouvelles entreprises, associations et coopératives.
Environ 368 000 personnes ont bénéficié de programmes d’amélioration de l’employabilité, comprenant la formation par contrats et la qualification, le soutien aux secteurs prometteurs, ainsi que des programmes d’éducation préscolaire et de formation à distance, en plus de partenariats nationaux et régionaux.
Concernant le soutien à l’auto-emploi, environ 33 000 porteurs de projets ont été accompagnés, avec la création de plus de 11 000 unités économiques ayant généré plus de 17 000 postes.
En ce qui concerne le programme « Awrach », le ministre a confirmé que les deux premières versions ont permis de bénéficier à 224 371 personnes sur un objectif de 250 000, avec un taux de réalisation de 90 %. Il a également mentionné que les femmes représentaient 32,4 % des bénéficiaires, tandis que les non-diplômés représentaient 66,2 %.
Le ministre a présenté l’expérience de la région de Marrakech-Safi, où, depuis 2019 jusqu’à septembre 2025, huit espaces d’emploi pour les jeunes ont été créés, bénéficiant à plus de 40 000 chercheurs d’emploi, dont environ 17 000 ont été intégrés sur le marché du travail, 65 % d’entre eux dans le cadre d’un travail salarié.
Huit centres de soutien à l’entrepreneuriat ont également été établis, bénéficiant à 15 597 jeunes au travers de formations en alternance avec un taux d’intégration dépassant 60 %, en plus du soutien accordé à 372 très petites entreprises et coopératives.
Sekkouri a insisté sur l’importance d’un évaluation scientifique régulière des programmes, basée sur l’analyse des indicateurs de performance, le suivi des taux d’insertion et la comparaison des données des bénéficiaires avec celles de la Caisse nationale de sécurité sociale pour mesurer l’impact réel sur le marché de l’emploi formel.
Une étude nationale sur le programme d’intégration a révélé que 64,4 % des bénéficiaires de 2020 ont été déclarés dans le secteur formel entre 2021 et 2023, contre 60,8 % dans une étude précédente, avec une réduction de l’écart entre les sexes à 5,7 points en 2023.
Sur la base de ces résultats, de nouvelles mesures ont été adoptées, notamment l’octroi d’une assurance maladie obligatoire de base aux stagiaires durant la période de formation et la prise en charge par l’État de la part de l’employeur dans les cotisations de sécurité sociale pendant 12 mois lors de l’embauche définitive, avec l’obligation pour les entreprises d’employer au moins 60 % des stagiaires ayant réussi leur formation.
Le ministre a conclu que le gouvernement continue de renforcer l’efficacité des programmes de relance de l’emploi, en accordant une attention particulière aux jeunes des zones rurales à travers une approche intégrée combinant incitations économiques, formation, accompagnement et développement régional.



