Le Conseil de la concurrence a tenu une conférence de presse ce mardi 10 mars 2026, à son siège de Rabat, pour présenter son avis sur l’état de la concurrence dans les marchés de distribution des médicaments au Maroc. Cette rencontre a réuni plusieurs représentants des médias et des professionnels du secteur de la pharmacie.
Le président du Conseil a dirigé la séance et a fait une présentation détaillée, incluant les principales conclusions de l’analyse réalisée par le Conseil concernant la structure du marché pharmaceutique dans le royaume, le niveau de concurrence au sein du système de distribution, ainsi que les défis économiques et réglementaires auxquels font face les pharmacies. Ce point a été suivi par une session de questions-réponses avec les journalistes afin d’éclaircir la situation du secteur et d’envisager des perspectives de réforme.
Le rapport a révélé qu’environ 4000 pharmacies à travers le pays sont menacées de faillite en raison des pressions financières croissantes pesant sur le secteur, dans un contexte de faible consommation des médicaments par les citoyens. Selon les données fournies par le Conseil, la dépense moyenne par habitant au Maroc pour les médicaments ne dépasse pas 640 dirhams par an en 2024, un chiffre considéré comme faible comparé à d’autres pays, comme la Tunisie (1200 dirhams), la France (5500 dirhams), la Belgique (5000 dirhams), l’Allemagne (8000 dirhams), le Portugal (4200 dirhams) et l’Italie (6000 dirhams), tandis qu’en Égypte, elle est d’environ 600 dirhams par an.
Le Conseil a souligné que la faible consommation de médicaments au Maroc a un impact direct sur la rentabilité des pharmacies, surtout face à l’augmentation continue des coûts opérationnels liés à la gestion et aux ressources humaines. Il a également précisé que le système de distribution des médicaments au Maroc repose principalement sur la marge commerciale appliquée sur le prix de fabrication (PFHT), comme principale source de revenu pour les pharmacies, alors que le système actuel ne comprend ni compensations ni honoraires spécifiés pour d’autres services pharmaceutiques, tels que les consultations pharmaceutiques ou les services de prévention et de conseil.
Selon les données du rapport, le nombre total de pharmacies au Maroc s’élève à 14 134, pour 14 191 pharmaciens enregistrés, ce qui représente environ un pharmacien pour chaque pharmacie, avec un taux de 38,4 pharmacies pour 100 000 habitants. Le Conseil a également noté que le modèle marocain repose sur le principe d’exclusivité, interdisant aux non-pharmaciens d’avoir ou de contrôler des pharmacies, et que l’ouverture de pharmacies exige un permis administratif préalable délivré par le gérant de la préfecture ou de la province, sous certaines conditions.
Ces conditions incluent le respect d’une distance légale d’au moins 300 mètres entre deux pharmacies, ainsi que l’obligation pour la gestion de la pharmacie d’être assurée par un pharmacien propriétaire inscrit au tableau de l’ordre, tout en respectant les plannings de garde et les horaires d’ouverture.
En conclusion de son intervention, le Conseil de la concurrence a affirmé que le marché de distribution des médicaments au Maroc fait face à des défis structurels et économiques qui nécessitent une réflexion sur des réformes progressives visant à améliorer l’équilibre au sein du système et à renforcer la compétitivité du secteur, tout en assurant la continuité des pharmacies et en améliorant la qualité des services de santé offerts aux citoyens. La conférence a également été l’occasion d’échanger des points de vue avec les représentants des médias concernant l’avenir du marché des médicaments et les mesures à prendre pour son développement dans un cadre de transparence et de saine concurrence.







