Le Haut-Commissaire au Plan, Chakib Benmoussa, a dévoilé les grandes lignes des transformations démographiques majeures qui touchent le Maroc, lors d’une conférence à Rabat. Il a affirmé que le pays connaît un accélérateur évident dans le processus d’urbanisation, avec une prévision de hausse du taux d’urbanisation de 62,8 % en 2024 à environ 69,2 % d’ici 2040, un indicateur révélateur d’un changement profond dans le mode de vie et la répartition géographique des Marocains.
Dans ce contexte, Benmoussa a souligné que le nombre de personnes vivant en milieu urbain a connu une nette augmentation, passant de 16,5 millions d’habitants en 2004 à 23,1 millions en 2024, avec des prévisions atteignant 28 millions d’ici 2040. En parallèle, la population rurale continuera de diminuer progressivement pour stabiliser autour de 12,5 millions d’habitants, après avoir fait preuve de quasi-stabilité au cours des deux dernières décennies.
Par ailleurs, il a indiqué un changement structurel dans la composition des ménages marocains, prévoyant que le nombre de foyers atteindra 12,3 millions d’ici 2040, contre 9,3 millions actuellement, soit une augmentation de plus de 32 %. Dans le même temps, la taille moyenne des ménages diminuera, passant de 3,9 à 3,3 personnes, ce qui reflète des transformations sociales et économiques profondes au sein de la société marocaine.
Concernant la répartition régionale, cinq grandes régions continuent de dominer démographiquement : Casablanca-Settat, Rabat-Salé-Kénitra, Marrakech-Safi, Fès-Meknès et Tanger-Tétouan-Al Hoceïma. Elles concentrent la majeure partie de la population et ont contribué à plus de 86 % de la croissance démographique au cours de la dernière décennie, posant ainsi des défis croissants dans les domaines de l’urbanisme, des infrastructures et de l’équilibre territorial.




