Le 23 avril 2026, la Faculté des Sciences Ben M’Sick (FSBM) de Casablanca a accueilli, dans le cadre de son événement annuel FSBM Diginnov 2026, une Journée des échanges culturels maroco-chinois qui a suscité un vif intérêt auprès de la communauté académique et du grand public. À cette occasion, l’art traditionnel chinois du Liushajian, communément désigné par l’expression « papier aux sables colorés » et reconnu au titre du patrimoine culturel immatériel de Chine , a fait l’objet d’une présentation remarquée dans le cadre officiel de l’atelier de dessin, et ce en partenariat avec l’Ecole Supérieure des Beaux-Arts de Casablanca ( ESBAC). Par la fluidité de son esthétique orientale et la singularité de sa démarche créatrice, cet art ancestral a su tisser un pont solide de dialogue et de compréhension mutuelle entre les civilisations marocaine et chinoise, s’imposant comme le temps fort le plus marquant et le plus fédérateur de cette journée.

Le patrimoine immatériel chinois comme vecteur du dialogue interculturel
L’atelier a été placé sous la direction pédagogique du Professeur Tong Xiaojuan, de l’Institut d’Art de Casablanca, entourée de dix-huit étudiants bénévoles, parmi lesquels Houssam Elbelrhiti, Hafssa Sbaiti et d’autres jeunes artistes engagés. L’équipe ainsi constituée a assuré avec rigueur et enthousiasme les démonstrations techniques, la transmission des savoirs et l’accompagnement individualisé des participants tout au long de la journée. Par son caractère accessible et ouvert à tous les publics, l’atelier a permis aux étudiants marocains et chinois, aux invités internationaux et aux différentes catégories de visiteurs de s’initier à la beauté formelle et à la richesse culturelle du Liushajian à travers des expériences immersives et des créations librement assumées.
L’engouement suscité par cet atelier a dépassé toutes les prévisions : près d’un millier de participants ont eu l’occasion d’expérimenter la technique du Liushajian au fil de la journée. De la préparation minutieuse des couleurs à la disposition des sables fluides, jusqu’à la composition poétique de l’ensemble, les jeunes issus de nationalités diverses ont pu appréhender la grâce et la délicatesse de cet art oriental dans toute leur plénitude. Nombreux sont ceux qui ont sollicité le Professeur Tong pour apposer sur leurs œuvres des messages de vœux calligraphiés, mêlant l’élégance du pinceau chinois à la chaleur des intentions humaines. Par ailleurs, plusieurs étudiants marocains ont fait preuve d’une audace créatrice remarquable en intégrant à leurs compositions des éléments puisés dans leur patrimoine culturel national ( peinture marocaine, calligraphie arabe, motifs géométriques islamiques ), donnant naissance à des œuvres hybrides d’une grande originalité, où l’esthétique orientale dialogue avec la profondeur de l’identité marocaine.

Afin de valoriser la créativité artistique des participants et d’encourager la dynamique du dialogue interculturel, le comité d’organisation a procédé à la remise de certificats de mérite aux étudiants s’étant distingués par la qualité de leurs réalisations, consolidant ainsi les liens d’amitié et de compréhension mutuelle entre les jeunes Marocains et Chinois.
L’ensemble des enseignants et étudiants de la FSBM, ainsi que les invités présents, ont exprimé leur vive satisfaction quant à la réussite de cet atelier, soulignant qu’il illustre de manière exemplaire la stratégie d’ouverture internationale de l’établissement et son engagement en faveur du renforcement de la coopération académique et culturelle entre le Maroc et la Chine. Ils ont également mis en exergue la contribution de cette initiative à la dynamique croissante des échanges culturels entre la Chine, le Maroc et le continent africain dans son ensemble.

Le rayonnement de cet atelier excède largement la simple mise en valeur du patrimoine immatériel chinois sur le sol marocain : il a consolidé les liens d’amitié et approfondi la compréhension mutuelle entre les jeunes générations par le truchement du langage universel de l’art. Fort de sa qualité artistique reconnue et de son attractivité internationale grandissante, le collectif Liushajian a reçu des invitations officielles émanant de représentants des échanges artistiques du Congo et de plusieurs autres pays africains, témoignant ainsi de la portée continentale de cette démarche. L’art demeure et demeurera un pont privilégié pour le rayonnement de la culture chinoise sur la scène internationale.
En sa qualité de composante essentielle de la Journée des échanges culturels maroco-chinois, l’atelier de Liushajian a su conjuguer l’ancrage dans la tradition et l’innovation par l’interculturalité. Il incarne pleinement la stratégie d’ouverture, de coopération et d’innovation internationale de la faculté, marque une étape significative dans l’histoire des échanges académiques et culturels entre le Maroc et la Chine, et constitue un modèle vivant et inspirant pour le dialogue des civilisations à l’aube d’une nouvelle ère des relations humaines entre la Chine et l’Afrique.

Croisement de la tradition et de la modernité, de l’Orient et de l’Occident
Le Liushajian constitue un joyau du patrimoine artistique chinois, à la confluence de l’art du papier et de la peinture traditionnelle. Né au sein de la civilisation chinoise ancienne, il s’est transmis et enrichi sur plus d’un millénaire, conjuguant l’emploi de pigments minéraux, la fluidité des textures, la sensibilité esthétique orientale et l’excellence d’un savoir-faire artisanal soigneusement préservé. Sa singularité réside dans la fluidité du geste, la mutation perpétuelle des formes et l’unicité irréductible de chaque œuvre produite, incarnant ainsi la symbiose harmonieuse de l’eau, de la couleur, du sable et du papier propre à l’art traditionnel chinois. Le processus créatif qui lui est inhérent articule hasard maîtrisé et profondeur philosophique, en résonance étroite avec la pensée taoïste et son principe fondateur selon lequel « la voie suit la nature ». Porteur de valeurs patrimoniales, esthétiques et innovantes intimement entrelacées, le Liushajian s’inscrit en parfaite cohérence avec la philosophie directrice de cette journée « la culture, la science et l’innovation en synergie », faisant de lui un vecteur artistique privilégié au croisement de la tradition et de la modernité, de l’Orient et de l’Occident.

Dr. Tong Xiaojuan : faire de l’art un pont et de la culture un porte-parole des valeurs
Elle occupe les fonctions de directrice déléguée de l’Institut de recherche sur le patrimoine culturel immatériel des sports traditionnels du Guangdong, de directrice de thèse et de chercheuse invitée principale à l’Université du Kentucky, aux États-Unis. Ses travaux portent principalement sur la diffusion du patrimoine culturel immatériel, la revitalisation des savoir-faire artisanaux et le développement des échanges artistiques interculturels. Elle s’est notamment distinguée par une expertise approfondie, tant théorique que pratique, du Liushajian, technique de papier marbré aux sables mouvants.
Au cours de sa carrière, elle a dirigé de nombreux projets de recherche, à l’échelle nationale et provinciale, consacrés à la numérisation du patrimoine immatériel, à l’interprétation et à la traduction des symboles culturels, ainsi qu’au volontariat international. Ces dernières années, inscrivant son action dans le cadre de l’Initiative « la Ceinture et la Route », elle a intensifié les échanges humains et culturels en organisant expositions et ateliers immersifs autour du patrimoine immatériel chinois, notamment aux États-Unis, au Maroc et dans d’autres régions du monde. Par ces initiatives, elle a contribué à faire connaître le Liushajian et d’autres techniques traditionnelles au-delà des frontières chinoises.

Cette dynamique lui vaut d’être reconnue comme une figure majeure du dialogue interculturel entre la Chine et le Maroc, et d’être qualifiée de « première promotrice du Liushajian à l’échelle internationale ». L’événement qu’elle a conçu et dirigé a été réalisé en collaboration avec ses apprentis marocains, les jeunes artistes Houssam Elbelrhiti et Hafssa Sbaiti, et a également présenté des œuvres du Dr Chen Guohui, de l’Académie des Beaux-Arts de Guangzhou, ainsi que celles de plusieurs de ses élèves, parmi lesquels Yang Hanzhang, Chen Huiying, Li Mumei, Zhai Wen, Zhou Yan, Zeng Xuejia et Huang Jiaxuan.
Alliant rigueur académique et engagement pratique, le Dr Tong Xiaojuan s’attache à préserver et transmettre le patrimoine culturel immatériel. En favorisant la circulation du Liushajian au-delà des frontières, elle en fait un vecteur vivant de rapprochement entre les peuples chinois et marocain, contribuant ainsi à l’enrichissement mutuel des civilisations dans le cadre de l’Année des échanges humains et culturels Chine-Afrique.
Fidèle à sa conviction de « faire de l’art un pont et de la culture un porte-parole des valeurs », elle œuvre à renforcer la transmission vivante du patrimoine à travers la recherche, tout en promouvant à l’international les récits culturels chinois et en encourageant l’innovation contemporaine dans la diffusion du riche héritage traditionnel de la Chine.
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