Najiba jalal /
La virulence de certaines attaques médiatiques algériennes contre l’avocat
marocain Me Abdeljalil Dalil Essakali dépasse le cadre d’une simple controverse judiciaire. Elle s’inscrit dans une série de réactions fébriles observées depuis les révélations relatives à l’affaire visant Hicham Aboud.
Au lieu de répondre aux nombreuses interrogations soulevées par cette affaire, une partie de la presse proche du pouvoir algérien semble avoir choisi de déplacer le débat en ciblant l’avocat chargé de défendre les intérêts de Hicham Aboud. Une stratégie qui interroge, tant elle apparaît comme une tentative de détourner l’attention du fond du dossier.
Car au-delà des polémiques, un principe demeure intangible : le droit à la défense est un droit universel. Un avocat n’est ni responsable des opinions de son client, ni comptable de son parcours politique ou médiatique. Sa mission consiste à assurer la défense de ses intérêts dans le cadre de la loi.
Pourtant, certains médias algériens présentent l’intervention d’un avocat marocain comme une preuve de supposées connexions politiques. Un raisonnement dangereux qui remet en cause l’essence même de la profession d’avocat. Défendre une personne ne signifie pas partager ses convictions. Plaider pour un client ne constitue pas une adhésion à ses idées.
Cette campagne apparaît d’autant plus surprenante qu’elle intervient dans un contexte particulièrement sensible pour les autorités algériennes. Les développements de l’affaire Hicham Aboud ont en effet suscité de nombreuses réactions médiatiques et diplomatiques, plaçant le régime algérien dans une position inconfortable sur la scène internationale.
La nervosité observée dans certains médias proches du pouvoir semble ainsi révéler davantage l’embarras provoqué par les répercussions de cette affaire que l’activité professionnelle d’un avocat exerçant son métier conformément aux règles du droit.
En réalité, ce n’est pas Me Abdeljalil Dalil Essakali qui est visé. C’est la crédibilité d’une défense qui dérange et une affaire dont les développements continuent d’alimenter les interrogations bien au-delà des frontières algériennes.
Faire le procès d’un avocat parce qu’il exerce sa mission constitue toujours un aveu de faiblesse. Dans un État de droit, les dossiers se règlent devant les tribunaux. Les campagnes de dénigrement, elles, appartiennent à un tout autre registre.
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