Staffan de Mistura, envoyé personnel du secrétaire général de l’Onu pour le Sahara, s’est rendu le 7 juin aux camps de Tindouf pour redynamiser le processus de négociations, sur la base de la résolution 2797 du Conseil de sécurité qui soutient le plan d’autonomie au Sahara sous souveraineté marocaine.
C’est la cinquième visite de l’envoyé personnel du secrétaire général de l’Onu pour le Sahara, Staffan de Mistura, dans les camps de Tindouf, depuis sa prise de fonction le 1er novembre 2021.
Peut-il réussir, cette fois-ci, là où il a jusqu’à présent échoué : convaincre les dirigeants du polisario d’accepter la mise en œuvre du plan d’autonomie sous souveraineté marocaine et permettre, ainsi, aux sahraouis véritablement originaires des provinces du Sud du royaume de rentrer vivre dans leur patrie ?
Cette fois-ci, le contexte est assez différent. Le 31 octobre 2025, le Conseil de sécurité de l’Onu a adopté la résolution 2797 qui soutient le plan d’autonomie au Sahara marocain comme étant l’unique base d’un règlement politique d’un conflit qui tarde, depuis un demi-siècle, à prendre fin.
Le ras-le-bol américain
Le 8 février 2026, Massad Boulos, conseiller spécial pour l’Afrique du président américain Donald Trump, est parvenu à réunir, à l’ambassade des Etats-Unis à Madrid, les parties concernées par ce conflit : le Maroc, l’Algérie, la Mauritanie et le polisario.
Un 2ème round de ce nouveau cycle de négociations entre les parties prenantes se déroule, les 23 et 24 février, à Washington. Le message de l’administration Trump est on ne peut plus clair : clore définitivement le dossier Sahara, les tergiversations du polisario, orchestrées par son marionnettiste algérien, étant de moins en moins supportables pour les Américains.
Preuve que le message américain n’a toujours pas été compris à Tindouf et à Alger, le 5 mai, le polisario déclenche une attaque sur la ville de Smara, militairement injustifiée et politiquement dévastatrice pour les séparatistes et leurs parrains algériens.
La communauté internationale a, en effet, vivement condamné cet acte terroriste, des voix s’élevant même à Washington pour réclamer l’inscription du polisario sur la liste des organisations terroristes.
La pirouette algérienne
Le 24 mai, le chef de la diplomatie algérienne, Ahmed Attaf, s’est montré plus ouvert envers le plan marocain d’autonomie au Sahara. Plutôt dans le mois, c’était le président algérien, Abdelmajid Tebboune, qui avait déjà commencé à aller dans le même sens.
Plusieurs observateurs ont qualifié ces récentes déclarations de hauts responsables algériens, positives concernant le plan d’autonomie marocain, de retournement à 180° par rapport à la position antérieure d’Alger. Celle-ci insistait sur la tenue d’un référendum dans les provinces du Sud du royaume, devant aboutir, selon l’ambition algérienne, à la partition du Maroc.
De fait, le polisario cherche à formaliser le projet marocain d’autonomie de manière à obtenir, par des manœuvres diplomatiques, ce qu’il a échoué à obtenir par les armes, tout en faisant traîner les négociations pour gagner du temps.
L’actuelle démarche d’Alger et de ses pantins à Tindouf consiste à empêcher tout progrès des négociations, dans l’espoir que les prochaines élections aux Etats-Unis ne soient pas favorables à Donald Trump.
Le mauvais calcul de la junte au pouvoir à Alger est que les difficultés rencontrées par l’administration Trump dans la guerre contre l’Iran ne la rendront que plus déterminée à arracher un accord définitif de paix au Sahara sous souveraineté marocaine.
Les perdants et les sacrifiés
Pour sa part, le Maroc poursuit le développement de ses provinces du Sud et la chasse aux drones des mercenaires du polisario cruellement sacrifiés par leurs dirigeants, qui les envoient se faire éliminer inutilement dans la zone tampon, simplement pour continuer à prétendre qu’il y a des affrontements armés.
Staffan De Mistura n’ignore rien de ces derniers développements de l’affaire du Sahara, mais il va devoir se montrer plus ferme envers des dirigeants polisariens qui n’ont personnellement rien à gagner dans la résolution définitive du conflit, et beaucoup à perdre dans la paix.
Outre le sujet brûlant des habitants des camps de Tindouf non originaires des provinces du sud du Maroc, qui se demandent quel serait leur destin, une fois le conflit résolu.
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