Le projet de résolution sur le Sahara marocain, remis par les États-Unis au Conseil de sécurité de l’ONU, tourne la page de la Minurso. Il consacre l’autonomie comme seule solution réalisable au conflit et comme unique cadre des négociations. La consultation élargie à toutes les composantes sahraouies a suscité l’ire du Polisario, qui menace de se retirer du processus de paix.
Le Polisario n’est content ni des États-Unis, ni de l’ONU. Il est quasiment certain qu’il le sera encore moins dans six mois, quand le Haut-Commissariat aux Réfugiés (HCR) entamera le recensement des habitants des camps de Tindouf, en Algérie.
Quelles sont donc ces dispositions du projet de résolution sur le Sahara marocain, rédigé par les États-Unis et remis le 22 octobre aux membres du Conseil de sécurité, qui ont poussé le Polisario à menacer de quitter le processus de paix dans une lettre adressée au président du Conseil ?
La proposition marocaine d’autonomie élargie des provinces du Sud du royaume y est présentée comme la seule solution réalisable pour mettre un terme à un conflit déjà vieux d’un demi-siècle. Ce premier draft rappelle également le nombre croissant de pays reconnaissant formellement la souveraineté du Maroc sur son Sahara.
La proposition d’autonomie y est aussi établie comme l’unique cadre des négociations entre les parties prenantes : le Maroc, l’Algérie, la Mauritanie et le Polisario.
Enfin, la résolution 2797 du Conseil de sécurité, adoptée en octobre 2025, y figure comme l’unique référence pour la poursuite du processus politique. Toutes les résolutions précédentes sont écartées.
Une mission politique à la place de la Minurso
Par ailleurs, ce draft zéro enterre la MINURSO, qui devrait être transformée en MINUSO, avec une réduction de moitié des effectifs militaires. Le projet insiste en effet sur l’achèvement de la mission onusienne de maintien de la paix en avril 2027.
Le terme « référendum » n’apparaît d’ailleurs dans aucun des quatorze paragraphes du texte. Pas de référendum, donc plus besoin de MINURSO.
L’ONU devrait alors lancer une mission politique spéciale, destinée à clore définitivement un dossier du Sahara qui n’a que trop duré. Le projet appelle à l’élargissement des consultations aux composantes sahraouies, sans aucune référence à un « peuple » sahraoui. C’est sûrement le coup le plus dur porté au Polisario et à son parrain algérien.
Sans pseudo-peuple sahraoui dont le Polisario serait l’unique représentant, c’est la faillite du projet algérien de partition du Maroc et de pied dans les eaux de l’Atlantique. La consultation de toutes les composantes sahraouies, parties intégrantes du peuple marocain, est incontestablement plus démocratique.
Les vrais Sahraouis ont déjà voté
Les habitants des provinces du Sud du Maroc participent déjà largement aux scrutins électoraux. Ils y élisent leurs représentants légitimes aux échelles locale, régionale et nationale.
Au vu des taux de participation enregistrés depuis le départ du colonisateur espagnol, il est légitime d’affirmer que la majorité des Sahraouis a depuis longtemps voté pour sa marocanité.
La situation diffère totalement dans les camps de la honte de Tindouf, en Algérie. Le HCR y a été appelé à organiser, dans un délai de six mois, un recensement des habitants.
L’Algérie et sa marionnette polisarienne ont toujours catégoriquement refusé cette démarche. Trop d’intérêts occultes liés au détournement des aides octroyées aux habitants des camps dépendent du maintien du flou sur leur démographie.
Incapable de faire la guerre, le Polisario ne veut pas non plus entendre parler de paix. Le statu quo est bien plus profitable aux parasites de sa direction, qui s’enrichissent du malheur des habitants de Tindouf. Il l’est tout autant pour les dirigeants algériens, qui veulent maintenir un caillou dans la chaussure du Maroc, quitte à dilapider en vain les deniers du peuple algérien.
l’heure de vérité a sonné
Ce fameux draft zéro, qui a plongé le Polisario dans une crise d’hystérie, n’est pourtant pas le texte final qui sera voté le 30 octobre. Les négociations en coulisses y apporteront probablement quelques modifications. Mais le Polisario et son parrain algérien l’ont compris : depuis le vote de la résolution 2797, le cours des événements va de mal en pis pour leur projet de partition du Maroc.
Consulter les composantes sahraouies et recenser les habitants des camps de Tindouf leur est aussi insupportable que d’entendre parler de processus politique, d’autonomie et de paix.
Il est plus que temps pour l’ONU de sauver les habitants des camps de Tindouf de l’instrumentalisation dont ils font l’objet. L’Algérie ne doit plus pouvoir servir ses ambitions hégémoniques risibles et ses manœuvres diplomatiques sordides à leurs dépens.
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