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Le Maroc fait face à un défi majeur concernant la gestion de ses ressources en eau, désormais perçue comme une question de souveraineté nationale davantage que comme une simple problématique technique. Lors d’un récent forum, le ministre responsable a souligné l’importance de la vision royale qui place l’eau au cœur des enjeux économiques, sociaux et environnementaux du pays.
Vers une gestion stratégique de l’eau
Lors d’un colloque tenu par l’Agence Marocaine de Presse, le ministre de l’Équipement et de l’Eau, Nizar Baraka, a affirmé que la vision royale en matière de gestion des ressources hydriques représente un tournant décisif pour le Maroc. L’eau, autrefois considérée comme un enjeu infrastructurel, est désormais un pilier de la souveraineté nationale, indissociable du futur et de la stabilité économique, sociale et alimentaire du pays.
Un héritage historique au service de l’innovation
Baraka a souligné que la monarchie marocaine a toujours joué un rôle essentiel dans le développement de ce qu’il appelle une « civilisation de l’eau » au Maroc. En orientant les efforts à travers les âges vers des solutions innovantes, la royauté a posé les bases d’une approche durable pour assurer la sécurité hydrique. Le ministre a précisé que cette vision à long terme ne se limite pas à la construction de barrages, mais s’inscrit dans une démarche globale contemplant le développement durable et l’équité territoriale, conformément aux principes constitutionnels.
Cinq axes pour une politique nationale de l’eau
La stratégie nationale en matière d’eau s’articule autour de cinq grands axes. Le premier est l’affirmation de la souveraineté hydrique comme un élément fondamental de la souveraineté nationale. Baraka a rappelé que depuis l’avènement du roi Mohammed VI, une prise de conscience accrue a été observée, transformant l’eau en un enjeu stratégique pour l’avenir du pays. Un discours royal prononcé en 2001 a établi ce principe, affirmant que le contrôle des ressources en eau est un prérequis pour la stabilité nationale et la capacité de résilience face aux crises mondiales.
Adaptation aux défis climatiques
Le deuxième axe souligné par le ministre concerne la résilience hydrique. Il a noté que la politique de gestion de l’eau ne repose plus uniquement sur les données climatiques traditionnelles, mais se fonde sur une préparation adéquate face aux événements extrêmes liés aux changements climatiques. Cela implique une planification à long terme, la construction de nouveaux barrages et le développement de stations de dessalement pour protéger les nappes phréatiques.
Justice territoriale et innovations technologiques
Le ministre a également évoqué l’importance de la justice territoriale face aux inégalités dans la répartition des ressources en eau. Actuellement, 54 % des ressources hydriques sont concentrées dans seulement 7 % du territoire national, d’où la nécessité d’un renforcement de la solidarité entre les régions. Le projet du « corridor autoroutier de l’eau » est cité comme une initiative clé, assurant l’approvisionnement en eau pour près de 11 millions d’habitants entre Rabat et Casablanca.
S’agissant de la technologie, le Maroc a accumulé une expertise significative en ingénierie hydraulique, possédant actuellement 156 barrages, dont la moitié a été construite sous le règne de Mohammed VI. Ce dernier a permis le développement de techniques nationales pour la construction de structures hydrauliques, tout en promouvant des projets d’innovation dans le domaine du dessalement et de la gestion des ressources.
Vers une diplomatie de l’eau active
Enfin, le cinquième axe évoqué par Baraka concerne la diplomatie de l’eau. Il a insisté sur l’importance du partage des connaissances et des expériences, notamment avec les pays africains. Le ministre a évoqué la grande distinction internationale du roi Hassan II pour l’eau comme témoignage de cet engagement.
En conclusion, le ministre a affirmé que le Maroc entre dans une phase nouvelle de gestion des ressources en eau, ancrée dans l’anticipation, l’innovation, et une approche solidaire. Il a partagé la conviction que la « bataille de l’eau » représentera un des grands défis du XXIe siècle pour le pays.
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