Les États-Unis et l’Iran se retrouvent le 30 juin au Qatar, après une escalade des hostilités durant le week-end. Les cours du pétrole ne se sont pas emballés pour autant, les pétroliers pouvant à nouveau traverser le détroit d’Ormuz.
« Les États-Unis et l’Iran cessent les hostilités pour le moment », a déclaré un membre de l’administration Trump à la chaîne américaine CNN, après un week-end d’échanges de tirs autour du détroit d’Ormuz.
Les pourparlers avec l’Iran se poursuivent « comme prévu », a annoncé un autre responsable américain au site d’information Axios. De toute évidence, aucune des deux parties en conflit ne cherche à rompre définitivement le protocole d’accord signé le 17 juin.
Les stocks américains de missiles à longue portée ont été mis à rude épreuve lors des 106 jours d’affrontements contre l’Iran, tandis que ce dernier panse ses plaies et préfère maintenir le cessez-le-feu pour permettre à sa population de souffler.
A qui appartient le détroit ?
Tout a commencé quand des drones iraniens ont attaqué, le 25 juin, un navire marchand battant pavillon singapourien qui tentait de traverser le détroit d’Ormuz en longeant la côte omanaise.
Téhéran, qui estime l’ensemble du détroit d’Ormuz sous sa supervision exclusive, a justifié cette attaque par le fait que ledit navire n’avait pas demandé l’autorisation de franchir le détroit.
Il est à souligner que le sultanat d’Oman est membre de l’Organisation maritime internationale (OMI), une agence spécialisée de l’ONU, ce qui n’est pas le cas de l’Iran.
Le président américain Donald Trump a réagi à l’acte d’agression de Téhéran dans les eaux omanaises en ordonnant des frappes aériennes contre des installations militaires iraniennes, le 27 juin. Elles furent aussitôt suivies, le lendemain, de tirs de missiles et de drones iraniens sur des installations militaires américaines au Koweït et à Bahreïn.
Le pétrole ou la guerre
Le président Trump a été fortement irrité par les critiques qui fusent au sein de son propre parti républicain ainsi que du lobby pro-sioniste, très influent sur la scène politique américaine, à la suite de la signature le 17 juin du protocole d’accord avec l’Iran, considéré comme une capitulation. Il tenait donc à démontrer sa fermeté envers l’Iran.
Mais face au risque d’un « arrêt complet » des négociations, menace proférée par le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi, les deux parties en conflit ont décidé d’interrompre les hostilités et de revenir à la table des négociations.
Les marchés pétroliers ne s’y sont pas trompés. Les cours du brut n’ont pas connu de hausse brutale. Le prix du baril de Brent (la référence mondiale) oscille actuellement entre 72 et 73 dollars. La diplomatie a pris le pas sur les échanges de tirs et le transit des navires à travers le détroit d’Ormuz s’est accéléré.
Des réserves en baisse
Les réserves stratégiques américaines de pétrole brut ont joué un rôle déterminant dans l’apaisement de la situation autour du détroit d’Ormuz.
Au plus bas depuis 40 ans, les stocks de brut américains ne comptent plus que 331,3 millions de barils, contre 415 millions au début du conflit. Sur une capacité maximale de 714 millions de barils, l’ex-président Joe Biden avait déjà largement puisé lors de son mandat afin de réduire les prix à la pompe et d’apaiser les consommateurs-électeurs américains.
Suite au déclenchement de la guerre contre l’Iran, qui ne devait durer que quelques jours selon les stratèges israéliens, les États-Unis s’étaient engagés à déverser progressivement 172 millions de barils sur le marché international afin d’atténuer les effets de la fermeture du détroit d’Ormuz.
Il est à rappeler que le pétrole de schiste américain est trop léger pour la production de diesel et de kérosène. Il est exporté plutôt que traité par les raffineries américaines, qui dépendent du pétrole plus lourd importé des pays du Golfe et du Venezuela pour leur approvisionnement.
Le verdict des midterms
À quatre mois des élections de mi-mandat aux États-Unis, le président Trump n’a aucun intérêt à une reprise de la guerre contre l’Iran, dont la majorité des électeurs américains ne se soucient que dans la mesure où il affecte le prix du carburant.
Les pays importateurs de pétrole peuvent donc escompter une certaine stabilité des cours du brut d’ici le 4 novembre, date du scrutin des midterms, et espérer une composition du Congrès plus pacifiste afin d’éviter une crise économique mondiale qui ferait passer celle de 1929 pour une partie de plaisir.
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