Le Président de la Fifa est dans de sales draps. On lui reproche :
- Sa proximité avec le Président Trump et la décision controversée de la Fifa de suspendre les effets du carton rouge attribué au joueur américain Balogun, entre autres.
- Sa gouvernance très autoritaire de l’organisme mondial en charge du football et,
- Un projet de commercialisation du football ouvert à des investisseurs privés. Surtout qu’un des investisseurs pressentis, selon des rumeurs, était Joshua Kushner le frère de Jared le gendre du Président Trump
Ces reproches sont à l’origine d’une campagne appelant à sa démission immédiate. Il est pour le moment soutenu par quelques fédérations mais tout peut évoluer très vite. Pour le moment il est le seul candidat déclaré, à sa propre succession, aux prochaines élections, prévues en mars 2027, mais sa situation est peu enviable.
Le chef de file de son opposition est le Président de l’Uefa, Alexander Ceferin. Il bénéficie du soutien de tous les pays européens et menace de boycotter toutes les compétitions organisées par la Fifa s’il n’obtient pas satisfaction sur la gouvernance future de la Fifa. Il se présente, comme le porteur d’une opération « mains propres » dont l’objectif est de « sauver » le football. Il n’est pas crédible. Personne n’a oublié son faux CV, grâce auquel il a pu postuler au poste de président de l’UEFA. Personne n’a oublié non plus le scandale de la modification des règles du fairplay financier, qu’il a initié, pour faire plaisir aux clubs appartenant à des fonds souverains
Le combat Fifa/Uefa est ailleurs. Le vrai combat en cours est financier, chacun des deux organismes souhaite s’approprier le maximum des revenus du football mondial : - La Fifa est l’instance mondiale de gestion du football. Elle organise notamment la Coupe du monde, la seule la vrai et, depuis 2025, sa petite sœur, la Coupe du Monde des Clubs. Elle redistribue une bonne partie de ses revenus aux fédérations nationales. Il y en a 211 dans le monde.
- L’Uefa est la confédération européenne de football. Elle organise, pour les clubs européens, la prestigieuse Ligue des champions, les autres compétitions européennes de clubs et l’Euro pour les nations.
Ceci pour dire que l’Uefa n’est pas une autorité indépendante chargée de surveiller la Fifa. C’est une organisation puissante qui défend surtout ses propres intérêts économiques et politiques. Les deux organismes sont extrêmement puissants et sont depuis peu en concurrence. Ils se disputent le calendrier annuel, les droits télévisés, les sponsors, l’influence sur les fédérations et la part des revenus revenant aux clubs et aux sélections.
La Fifa estime que l’Uefa monopolise les richesses du football au profit du football européen. Elle s’est engagée à en récupérer une partie pour le reste de la planète et s’appuie à cet effet sur la CAF et les pays du Sud Global. En contrepartie ces derniers ont vu leurs dotations s’améliorer nettement. Il est vrai qu’elles n’en n’ont pas toujours fait bon usage, certains dirigeants véreux sont passés par là. Mais il n’empêche, grâce à cette nouvelle manne financière on assiste à l’émergence d’un football prometteur en capacité de renverser les hiérarchies. Neuf équipes africaines sur dix sont sorties de la phase des groupes ce n’est pas rien, c’est même prometteur. Cap Vert et l’Égypte ont même fait trembler les finalistes du tournoi ne l’oublions pas. Le projet de fonds privés, de l’ex FIFA Forward Enterprise, est toxique pour le football, tout le monde en convient mais il devait tout de même rapporter plus de 10 milliards de dollars aux 211 fédérations membres. L’argent est le nerf de la guerre, le football, passion de la moitié de l’humanité en génère beaucoup, son avenir dépend aussi de sa distribution équitable. Infantino était sur la bonne voie il a fait une sortie de route qui peut lui coûter cher mais il n’a pas perdu pour autant. Ses adversaires n’ont pas de projet. On ne fait pas campagne en s’opposant. Ils n’ont pas de candidat non plus. Nasser El Khelaifi, pressenti est écarté, Qatar vient de soutenir officiellement le Président actuel.
Penser redistribution va être, plus que jamais, le nouveau crédo du prochain président c’est une aubaine. Ce n’est pas une logique de l’Uefa. Bien au contraire. L’enrichissement du football africain présente un danger pour l’Europe. Certains pays recrutent la majorité de leurs talents auprès des communautés africaines formées chez eux.
Il semble que la CAF a fait son choix, soutenir celui qui a permis au football africain d’encaisser un record de revenus. Les fédérations africaines ont déjà la promesse de gagner encore plus à l’avenir.
Infantino a aussi le soutien des États-Unis, c’est un soutien toxique mais utile lorsqu’on connait le poids des sponsors qui sont soit américains soit tributaires du marché américain.
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