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accueil, Saïd Bou-Ayach
lundi 3 août 2026 - 10:41

Le marathon de Sebta occupée : courir vers l’ailleurs pour applaudir le retour

Saïd Bou-Ayach
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Saïd Bou-Ayach

1-Mercredi 29 et jeudi 30 juillet, Sebta a vu défiler un spectacle aussi impressionnant qu’étrange : une tentative de passage où se mêlaient espoir, défi, imprudence et parfois une bonne dose de mise en scène et d’adrénaline. Ma Ayacha-community a fait une fine analyse : dans cette grande course vers l’autre rive, certains semblaient moins fuir une urgence vitale que chercher à décrocher une aventure grandeur nature.

2-La composition de cette vague aura également réservé son lot de surprises. Sur les quelques 40.000 migrants selon les chiffres avancés autour de l’épisode, les Algériennes et Algériens auraient représenté la majorité des participants, avec environ 65 %, contre 35 % de Marocains et 5 % de personnes originaires d’Afrique subsaharienne. Une présence algérienne particulièrement visible qui rappelle que la frontière de Sebta occupée est devenue, au fil des années, un théâtre où se croisent différentes frustrations, différents rêves d’ailleurs et parfois quelques illusions bien entretenues. La grande aventure européenne n’avait donc pas un seul passeport, mais plusieurs au grand bonheur des réseaux mafieux de trafic d’êtres humains… D’ailleurs à ce sujet, les enquêtes sont en cours, le mois d’août à l’ombre … voilà ce qui attend les passeurs !

3-Certaines scènes ont alimenté les interrogations. Parmi les Marocains ayant tenté le passage, certains profils ne correspondaient pas forcément au cliché de la misère absolue. L’image d’une jeune fille équipée d’un appareil dentaire et portant une combinaison de plongée coûteuse a beaucoup fait parler. Et baaaaah on a eu droit à une scène qui ressemble davantage à une préparation sportive qu’à une fuite désespérée.

4-Dans cette étrange expédition, les smartphones haut de gamme étaient également bien présents. Certains « haragas » affichaient des iPhone ou des Samsung dernière génération, comme si le billet pour l’aventure européenne devait obligatoirement inclure une caméra pour immortaliser l’exploit.

5-Le plus surprenant reste peut-être le paradoxe observé après leur arrivée. Beaucoup auraient déclaré disposer d’argent, mais auraient expliqué ne pas pouvoir acheter de nourriture parce que les magasins étaient fermés. Une situation qui donne l’impression que le problème n’était pas toujours l’absence totale de moyens, mais parfois l’envie de tenter l’expérience coûte que coûte.

6-Sebta occupée est ainsi devenue, pour certains, moins une destination de survie qu’un défi à relever. Une sorte de « parcours extrême » où l’on mesure son courage face aux frontières, aux autorités et aux risques physiques, avec l’espoir de transformer quelques heures d’audace en nouvelle vie.

7-Le phénomène révèle surtout une réalité complexe : tous ceux qui tentent le passage ne répondent pas au même profil. Certains fuient réellement la précarité, mais la grande majorité cherchent une opportunité économique, quant au 35% de Marocains, ils semblent simplement attirés par le symbole que représente l’Europe, quitte à prendre des risques considérables.

8-La scène la plus marquante reste peut-être celle du retour. Après avoir tenté l’aventure vers Sebta occupée et affronté les risques d’un passage difficile, plusieurs jeunes ont retrouvé le territoire marocain en scandant « Vive le Roi ». Au-delà de la situation attachante, cette image rappelle une réalité profonde : même dans les moments de frustration, de doute ou de recherche d’un ailleurs meilleur, le lien avec le pays et avec ses institutions demeure fortement ancré. Un retour qui a transformé une tentative de départ en un moment d’expression d’attachement, de reconnaissance et de l’amour de la Nation.

9-Finalement, l’épisode de Sebta occupée aura révélé un nouveau profil du « candidat au départ » : moins le migrant sans ressources que le participant à un marathon improvisé, équipé pour l’aventure, connecté au monde entier et prêt à raconter son exploit en haute définition. Entre téléphone dernier cri, équipements de sport et rêves d’Europe, certains semblaient avoir préparé davantage le reportage de leur traversée que leur projet de vie après l’arrivée.

10-Au final, la grande expédition vers Sebta occupée aura connu une fin presque inattendue : le retour au pays, accueilli non pas comme une défaite, mais comme des retrouvailles. Après avoir rêvé de l’autre côté de la frontière, certains ont retrouvé le sol marocain avec le sourire et les slogans patriotiques à la bouche. Et ce retour s’est fait dans une ambiance presque festive, avec des « Vive le Roi » lancés avec conviction. Comme quoi, l’aventure à Sebta occupée aura peut-être rappelé à nos voyageurs aventuriers, que l’herbe n’est pas toujours plus verte derrière une frontière. Ils étaient partis chercher un avenir ailleurs, ils sont revenus avec une certitude : parfois, le plus grand confort reste encore de retrouver sa propre Terre.

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Tags: AfriqueéquipemarocobligatoireRoisport

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