1- Chez les twabrias, le temps n’a aucune prise. Les années passent, mais la médiocrité, elle, campe fermement sur ses positions. Même haine recyclée, même rancœur réchauffée, même misère morale. Une nouvelle année commence donc, fidèle à la tradition :celle où l’imbécillité triomphe sans opposition. Le mot d’ordre est clair, limpide, gravé dans le marbre de la bêtise : que le plus écervelé gagne ! Oui, car ici, on ne parle pas d’un simple laisser-aller intellectuel, mais bien d’une compétition mensuelle acharnée visant à décrocher la très convoitée palme d’or de l’employé du mois… version égout.
2- Avec un enjeu aussi prestigieux, les twabrias sont évidemment prêts à tout. Et quand on dit tout, on parle d’un éventail de talents bien rodés : mensonge effronté, médisance industrielle et trahison en libre-service. Le modus operandi est d’une simplicité enfantine. Pas d’équipe, pas de solidarité : chacun pour soi, chacun pour son billet. Une seule palme, une armée de charognards. Ma Ayacha-community observe, jauge, spécule… mais difficile de désigner un favori tant la fosse est remplie de candidats surqualifiés à la bassesse et la « minablerie ».
3- Et voilà que surgit Hamid El Mahdaoui, alias l’âne bâté en personne. Il frappe fort, très fort, avec une vidéo interminable de plus de trente minutes (une performance d’endurance pour les tympans, l’intellect et le QI). L’inculte en roue libre parle de tout, surtout de rien, avec l’assurance grotesque de celui qui confond diarrhée verbale et savoir. Se prenant pour un polymathe, cette encyclopédie de la vacuité saute d’un sujet à l’autre comme une puce sous stéroïdes : géopolitique, droit, sociologie, psychologie, sport… Tout y passe, sauf la compétence, la sagesse et le bagage. Pour quelqu’un qui n’a manifestement jamais ouvert un livre, l’audace est presque admirable. Mais quand le billet appelle, la dignité se met hors zone de couverture.
4- Le clou du spectacle ? La défense passionnée de Maduro. Oui, Maduro : narco-compatible notoire, despote assumé et marocophobe revendiqué. Comme si cela ne suffisait pas, notre héros se transforme aussi en avocat d’Abdelmadjid Tebboune, marionnette sous perfusion militaire, dont la mission principale semble être l’obsession maladive du voisin de l’Ouest. Rien n’est trop bas pour El Mahdaoui lorsqu’un bifton est en jeu. Père, mère, principes : tout est négociable…
5- Mais le polymathe du néant ne s’arrête pas là. Non. Il accélère. En trente-deux minutes chrono, il empile pas moins de sept crimes de lèse-majesté, comme s’il cochait une checklist de l’irresponsabilité pénale. Oubliant, ou feignant d’ignorer qu’au Royaume du Maroc, la personne du Roi et la famille royale et baah c’est douze siècles d’histoire. Ce n’est donc plus de la provocation, c’est de l’amnésie volontaire.
6- Évidemment, il n’est pas seul dans cette course à l’abîme. La concurrence est rude, féroce, impitoyable. El Mahdaoui rejoint ainsi le club très fermé des exilés de fortune : Kheriando, et l’inévitable Fercha, qui ne « ferche » personne d’autre que lui-même. Leur objectif commun ? Banaliser l’inacceptable, normaliser l’impensable, tester jusqu’où va la patience d’un peuple. Mauvais calcul. Depuis Idriss Ier, la monarchie est une ligne rouge. Une vraie. Épaisse. Infranchissable. Et ce n’est pas une bande de Youtubeurs en mal de reconnaissance qui y changera quoi que ce soit.
7- Cette démonstration de bêtise ne pouvait qu’attiser la jalousie du twabri suprême : Alilou Lemlawet. Oubliant, comme à son habitude, sa médication, il dégaine une vidéo quelques heures plus tard, recyclant sans vergogne les âneries de son con-frère. Copié-collé de la honte. Chez les twabrias, la concurrence est si rude que même la stupidité se plagie.
8- Finalement, la vie d’un twabri est d’une tristesse abyssale. Traître à la Nation, tarif affiché, dignité optionnelle, il se loue au plus offrant, passe d’un client à l’autre sans même une douche morale entre deux compromissions. Une existence terne, grise, poisseuse, où tous les coups sont permis, surtout les plus bas.
9- Voilà donc les twabrias : la surenchère permanente du ridicule. Et oui, pour décrocher le prestigieux titre d’employé du mois, il faut désormais risquer gros. Très gros. El Mahdaoui a franchi un point de non-retour en s’attaquant à la famille royale. Ce genre de faux pas ne se solde pas par un simple avertissement. Et à ce stade, ce n’est plus la carte de presse qu’il faudrait lui retirer… mais son pantalon !

