Lora Garamillo, présidente de la mission d’experts du Fonds monétaire international, a appelé le Maroc à poursuivre sa transition vers une plus grande flexibilité des taux de change, en adoptant l’objectif d’inflation comme axe central de la politique monétaire. Elle a souligné l’importance de la clarté dans la communication concernant le calendrier des réformes et l’ordre des priorités en matière de politique économique.
Ses déclarations ont eu lieu lors d’une conférence de presse à Rabat, après la conclusion des consultations de la mission qui se sont déroulées du 29 janvier au 11 février. Elle a affirmé que la dette publique « reste soutenable » et que les risques de pressions souveraines demeurent « modérés », ce qui offre une marge de manœuvre financière à moyen terme.
Concernant les financements innovants, Garamillo a précisé qu’ils ne sont pas intégrés dans les dettes du gouvernement central selon les statistiques du Fonds, les considérant comme un outil important pour réduire le déficit budgétaire, bien qu’il ne se poursuivra pas au même niveau jusqu’en 2028. Elle a noté que ces ressources ont contribué à financer des secteurs sociaux et d’investissement, tout en aidant à maintenir l’équilibre des finances publiques.
En ce qui concerne la réforme des systèmes de retraite, la présidente de la mission a insisté sur la nécessité de garantir la durabilité du système de pensions, soulignant que le Fonds suit les discussions en cours entre les différentes parties concernées. Elle a considéré que la réforme dans ce domaine reste une priorité pour garantir des équilibres futurs.
D’autre part, elle a mis en avant que le Maroc a réussi à surmonter les risques de sécheresse cette année grâce aux récentes pluies, alors que la sécheresse était l’un des principaux risques anticipés au début des consultations. Elle a noté que le royaume renforce sa capacité à s’adapter aux changements climatiques à travers des projets de désalinisation et d’autres mesures préventives.
Elle a également enregistré une croissance des revenus fiscaux ces dernières années, ce qui reflète l’impact des réformes liées à la taxe sur la valeur ajoutée et à l’impôt sur les sociétés, ainsi que les efforts de numérisation et de réforme financière. Elle a appelé à continuer de réduire les dépenses fiscales non nécessaires pour garantir la durabilité des gains.
Garamillo a confirmé qu’il existe une marge financière pouvant être orientée vers les secteurs de l’éducation et de la santé, tout en notant la nécessité d’accélérer la réforme des établissements publics et de réduire la pression sur les transferts financiers qui leur sont destinés, tout en continuant à diminuer progressivement et de manière organisée les subventions.
En ce qui concerne le marché du travail, elle a considéré que le chômage, notamment parmi les jeunes, reste un défi majeur, soulignant l’importance de renforcer le rôle du secteur privé, de faciliter l’accès au financement et d’améliorer l’adéquation des compétences aux besoins du marché du travail, tout en saluant les initiatives soutenant les petites et moyennes entreprises et la réduction de l’écart de compétences.
Enfin, elle a mis en garde contre les risques externes, en particulier la possibilité d’un ralentissement de l’économie de la zone euro, premier partenaire commercial du Maroc, ainsi que les conséquences potentielles sur les exportations et les investissements étrangers, sans oublier la volatilité des prix des matières premières, notamment du pétrole.
Elle a conclu en affirmant que le Maroc continue de progresser sur la voie de la croissance durable et du renforcement de la gouvernance financière, en insistant sur l’importance de poursuivre les réformes structurelles pour assurer une croissance robuste et inclusive dans les années à venir.



