Le Conseil de la concurrence a annoncé des mesures de vigilance nouvelles pour accompagner les hausses rapides des prix du pétrole et de ses dérivés. Cela implique un suivi mensuel du marché des hydrocarbures, remplaçant la surveillance trimestrielle, afin de réguler le transfert des fluctuations des prix internationaux vers le marché national.
Cette décision survient à un moment où les marchés mondiaux sont en proie à de vives tensions géopolitiques, notamment au Moyen-Orient, ce qui a directement impacté les prix des produits énergétiques et ceux qui y sont lié, comme les plastiques.
En raison de sa forte dépendance à l’importation des hydrocarbures, notamment le gasoil et l’essence, le Maroc fait face à ces fluctuations, ce qui impose le renforcement des mécanismes de surveillance pour éviter toute perturbation sur le marché intérieur.
Dans ce contexte, le Conseil a engagé une série de réunions avec les distributeurs de carburant en gros, dans le cadre de la mise en œuvre d’engagements précédents liés à un accord de conciliation qui stipule le suivi de l’évolution des prix au niveau international et de ses répercussions au niveau national. Il est prévu qu’une note explicative résumant les conclusions de ces rencontres soit publiée.
Le Conseil a souligné que tout changement de prix au niveau local doit refléter de manière équilibrée et dans un délai raisonnable les évolutions du marché international, en tenant compte des coûts d’approvisionnement et de stockage, afin de garantir le respect des règles de concurrence.
Avec la poursuite de la pression sur l’offre mondiale, le Conseil a décidé d’adopter un rythme de surveillance exceptionnel, englobant toutes les étapes de la chaîne d’approvisionnement et de distribution, dans une démarche visant à renforcer la transparence sur le marché.
Cette surveillance ne se limitera pas au secteur des hydrocarbures, le Conseil ayant affirmé qu’il élargira son attention aux autres secteurs, avec un accent sur toute augmentation injustifiée des prix ou des marges bénéficiaires, tout en surveillant les pratiques susceptibles de nuire à la concurrence, comme la coordination entre les acteurs ou l’exploitation d’une position dominante.
Il a été précisé que toute évolution ne correspondant pas aux normes internationales ou aux coûts réels sera soumise à une analyse rigoureuse, tant par le biais de mécanismes de suivi réguliers que par l’examen des résultats financiers annuels des acteurs économiques.
À travers ces mesures, le Conseil vise à instaurer un plus grand degré de discipline sur le marché et à garantir la protection du consommateur face à des fluctuations injustifiées des prix, dans un contexte international marqué par l’incertitude.






