Non ? Vous voulez rigoler ?
Le Chamali, fier habitant du Nord et le Casablancais, roi du klaxon et de la mauvaise humeur.
Les deux sont marocains.
Mais l’un vient de l’intérieur – الداخل – là où les âmes sont électriques et les nerfs à vif – et l’autre du Nord – الشمال – là où l’air sent bon l’Espagne et le respect.
Les Chamalis – Tangérois, Tétouanais, Chefchaounis.. – ont été tellement influencés par l’Espagne qu’ils pourraient presque faire la sieste entre 14h et 17h, puis danser le flamenco au feu rouge sans jamais klaxonner.
Quant à l’âme du Casablancais… c’est un volcan en marche : ça bout, ça fume, et ça explose au premier feu rouge. On dirait des lions en cage avec un téléphone à la main.
Au volant, la différence est édifiante :
Un Chamali au volant, c’est Gandhi revisité. Il aperçoit un piéton à 200 mètres ? Hop, il freine. Il s’arrête 10 mètres avant le passage piéton, fait signe de traverser, sourit.
Le Casablancais, lui, voit le piéton sur le passage ? Il accélère. Il lui hurle dessus en le frôlant si près que le piéton peut sentir le pneu chaud lui caresser la cheville.
Côté propreté urbaine, c’est un sketch :
Au Nord, la propreté est indiscutable. Les Chamalis ramassent leurs ordures, les mettent dans une poubelle, ferment le couvercle, et disent merci à la poubelle. Les ruelles de leurs médinas sont blanchies à la chaux, décorées de plantes, de fleurs, et même de petites fresques sur les murs. On pourrait presque se regarder par terre tellement ça brille.
À Casablanca… les rues sont jonchées de sachets plastique, de bouteilles vides, de restes de sandwich et de rêves brisés. Les Casablancais adorent balancer leurs déchets par la vitre de leur gros 4×4. Un sachet vide ? Hop, par la fenêtre ! Une canette ? Hop, sur le trottoir !
Bref, je ne sais pas de qui les Casablancais tiennent ces mauvaises habitudes…
Petite confession personnelle :
J’ai honte, moi, Casablancaise de souche… parce que je me comporte comme une Chamalie au milieu de la jungle casablancaise. Je freine devant les piétons, je ramasse mes déchets, je balaie devant ma porte, je ne klaxonne pas au feu vert.
Résultat : on me regarde comme un ovni, on m’insulte, on me double par la droite. Mais je tiens bon. Un jour, peut-être, Casa se calmera … En attendant, je suis la Casablancaise qui dit « pardon » en voiture. Oui, ça existe.
Je serai la première à signer la pétition pour transformer Casa en « Chamal-sur-Mer ». Qui vient avec moi ?
Anissa Mekouar Senhadji
06/05/2026
![]()
















