Oyez, citoyens des États-Unis : votre 47e président vous adresse la parole en pleine guerre contre l’Iran. « Nous ne pouvons plus jamais assister à une nouvelle élection volée ! » a-t-il déclaré.
Il s’agit bel et bien des propos de Donald Trump, et non de ceux du président d’une république bananière. Coincé dans la guerre qu’il a déclenchée au Moyen-Orient, talonné par des sondages qui lui donnent 37 % d’opinions favorables à trois mois et demi des élections de mi-mandat, Trump a ressorti sa vieille rengaine sur le « trucage » de la présidentielle de 2020, qu’il avait perdue face à Joe Biden.
Pour rappel, il n’a jamais apporté la moindre preuve de fraude. Toutes les commissions d’enquête ont conclu à la validité du scrutin présidentiel de 2020.
La gêne est telle que les chaînes de télévision américaines ont hésité à diffuser en direct le discours de leur président du 16 juillet. Mal leur en a pris : Trump les a menacées de sanctions – retrait de licence, poursuites judiciaires – si elles n’inondaient pas les ondes de ses paroles, qu’il croit parole d’évangile.
Après avoir qualifié NBC et ABC de « chaînes de fausses informations », il les a accusées de faire « partie d’un complot ». Les théoriciens du complot américains doivent être aux anges : ils ont désormais leur digne représentant à la Maison-Blanche.
Les électeurs, eux, sont déçus. Ils espéraient une annonce de paix avec l’Iran, synonyme de baisse des prix à la pompe. C’est le plus beau cadeau dont les Américains auraient pu rêver à l’occasion du 250e anniversaire de l’indépendance de leur pays.
Trump a vu les choses de manière plus « grandiose » pour célébrer cet événement, qui a coûté 150 millions de dollars. Le département du Trésor américain a annoncé la frappe d’une nouvelle pièce de 1 dollar à l’effigie de Donald Trump. Ce dernier a lui-même qualifié cette disposition de « très inhabituelle », rapporte l’agence Associated Press, mais il a trouvé ça « très mignon » !
Les pétroliers et autres navires marchands bloqués dans le détroit d’Ormuz auraient préféré que cette signature figure sur un accord de cessez-le-feu avec l’Iran.
De toute évidence, l’empereur Caligula continue de faire des émules, à ce détail près que Donald Trump dispose d’un bouton nucléaire.
Make Trump great again ! Pourvu qu’il ne soit pas blessé dans son amour-propre et ne déclenche l’apocalypse.
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