La violence native de la naïveté est la plus dangereuse des violences

La violence native de la naïveté est la plus dangereuse des violences

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Les derniers événements à l’occasion de Achoura représentent la facture de l’abandon de l’éducation depuis plus d’une quarantaine d’année. Ces pétards et ces feux d’artifices ne sont que la partie visible d’une culture de violence cultivée par l’irresponsabilité et la pensée intégriste depuis plusieurs années.

De plus en plus, le visage de nos rues se diabolise

Les forces de l’ordre, attaquées à jets de pierres, alors qu’elles intervenaient pour disperser une bande de jeunes qui lançaient des pétards et brûlaient des pneus, horrible! Si la scène des pétards se reproduit à chaque achhoura, la réaction des jeunes se diabolise chaque année un peu plus.

Face aux débordements, les forces de l’ordre n’ont pas usé de violence, et la vidéo qui circule sur les réseaux sociaux illustre un visage inquiétant de nos rues et un échantillon de cette génération sacrifiée, devenue, malheureusement, une bombe prête à exploser à la moindre occasion.

Qui devons nous blâmer?

Reprocher aux parents seuls serait injuste. Ces parents, sont eux aussi, fruits et victimes d’une société qui a diabolisé la culture et la science.

Blâmer ceux qui autorisent ou font commerce de cette marchandise dangereuse?

Incarcérer ces jeunes pour donner l’exemple? Ils sortiront de prison encore plus dangereux et plus habitués à la violence. Ce qu’il faut revoir c’est la batterie qui alimente la violence et l’éradiquer. Car demain, sera pire.

La violence nous a conquis quand nous avons sous-estimé le danger de la pensée intégriste. 

Une société où l’on s’est contenté de construire des mosquées au lieu de construire des complexes sportifs et culturels pour les jeunes, une société ou l’on a démolit des salles de cinémas et ou l’on a fermé des écoles. Une société qui a omis de cultiver les valeurs humaines, reléguant la science et la culture au dernier rang des priorités.

Ces jeunes ont été laissés pour compte, sans culture, sans encadrement politique. Critiquer leur incivisme aujourd’hui, relève de l’hypocrisie ou de l’ignorance. Nous n’avons pas été fermes en face de la grande menace de la pensée intégriste quand elle s’est introduite dans les programmes scolaires. Nous avons même utilisé le même discours de la peur pour maintenir l’ordre au sein des familles.

Quand je dis la pensée intégriste, cela ne signifie pas la foi ni les règles du bon sens de toute religion. Cela signifie que les idées véhiculées à l’école ou par les parents reprennent le même principes de la pensée intégriste, d’agir pour la récompense. Sans jamais apprendre à ces jeunes que la récompense est d’abord une vie saine sur terre et que son ingrédient principal est l’honnêteté, la droiture et les valeurs essentiels pour l’équilibre de toute communauté. Rien ne les a initiés à réfléchir pour le bien-être social, et la logique dans l’action.

Ils agissent en groupe et dans la violence, depuis qu’on leur bourre la tête avec les ghazawates et la récompense qui attend les gagnants. Il font du mal à un autre citoyen sans aucun remord, parce qu’ils s’imaginent qu’ils n’ont de compte à rendre qu’à Dieu et à lui seul… Une violence sans raison, occasionnée par des événements qui rappellent les histoires des foutouhates. Et bien que ces actes soient souvent naïfs et sans aucune organisation préalable, ces débordements prennent la forme d’actes intégristes et terroristes.

Cette violence native de la naïveté est la forme la plus dangereuse des violences.

Il faut l’avouer, la violence est l’enfant de l’ignorance, et l’ignorance est l’outil de la pensée intégriste. Cette situation s’est construite avec notre bénédiction.

Nous sommes devenus une société islamisée sans culture, sans encadrement politique. Le résultat? Notre jeunesse est prête à basculer, à n’importe quel moment, dans la violence.

La valeur religieuse de laquelle nos jeunes sont imprégnés les prépare à être naïfs, et à ne point utiliser leur matière grise pour croire sans se poser de question. Ce que l’on appelle « la naïveté religieuse » et qui se nourrit uniquement du sacré loin de tout principe ou valeurs. Et qui entraîne à la violence au simple appel du groupe.

Jusqu’à quand allons-nous faire semblant que tout va bien?

La pensée violente, la pensée intégriste hante les têtes de jeunes comme celle des adultes, ces derniers supposés éduquer les premiers. Ce n’est plus que l’affaire des parents, c’est l’affaire de tout le monde.

À la maison on éduque, et à l’école on donne un savoir et on cultive des valeurs. La notion du sacré se doit de prendre une autre image dans la conscience collective.

Les groupuscules intellectuels, qui dénoncent la gravité de l’expansion de cette pensée ne devraient plus se limiter à écrire, il est temps de s’investir réellement dans des actions concrètes pour encadrer ces jeunes dans l’associatif et le politique, sauver ce qui reste à sauver et limiter la pensée violente, la pensée intégriste.

 

 

 

 

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