Hariri, un pinceau, un regard , une vision…

Hariri, un pinceau, un regard , une vision…

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Hariri, un pinceau, un regard , une vision...

Hariri est quelqu’un de déroutant. Avec lui, dans ses œuvres comme dans sa façon d’en parler, il faut beaucoup de patience. Il ne faut surtout pas essayer de le saisir. Il est davantage conseillé, si ce verbe veut dire quelque chose, de suivre son ‘raisonnement’ Sa Trajectoire. Sa propre dialectique, si j’ose utiliser cet assemblage de morphogénèse. La genèse.

Quand il parle d’art plastique, Hariri renvoit au principe de la perspective. Ses yeux « voyagent » entre les passants et des objets crus stables. Tout bouge dans ses yeux. Comme dans cette dite réalité qu’on croit pouvoir saisir.

Il fixe son regard et t’invite à y réfléchir. Tout est dans le cadre, pas ailleurs, dit-il. « Au-delà du cadre, que des détails emmagasinés ». Il dérange par ses mots. Lui qui écrivait.

Comme il faisait dans un atelier où il invitait certains à « dessiner une t’kharbi9a ». Une sorte de « gribouillage ». Le premier geste est un arrêt. Le deuxième un moment de réflexion. Quand la main s’arrête, le cerveau, de quelque part, émet un message vers les doigts. Un silence s’impose et invite à la rêverie. À la création autre.
Voici venu le temps de quitter le gribouillage ! On est dans la création réfléchie. Une expérience parmi tant d’autres.

Il est temps d’aller plus loin, l’expérience avec des non-voyants ! Là encore, la lumière et la non- lumière se font jour. Il en parle avec des étincelles dans les yeux. Abdellah vit de et avec ses émotions. Qu’il Assume et transmet.

Retour sur l’histoire ? Longue est son histoire qui demanderait un ouvrage. Première exposition, on est en 1973, SVP. Il en parle comme si c’était hier. Pas besoin de revisiter son parcours. Le parcours parle pour lui.

Avec un grand sourire généreux qui se mue en rire, Abdellah ressemble à Hariri.

Hariri, très méticuleux contrairement à ce que l’on peut croire quand on parle des artistes, est un homme de détails. Les explosions des couleurs qu’on ressent face à ses tableaux le révèlent bien quand on prend le temps de les fixer. « L’art est Joie ou n’est pas », confie l’artiste qui fait tout avec amour.

Il est 9h30. L’ermite est dans son temple. Une horloge. 16h30- 17, il range ses pinceaux, fait tout lui-même. Avant de se mettre devant la « feuille blanche », comme un écrivain. C’est son quotidien !
Disons une vérité personnelle. Au milieu des années 1990. Je le connaissais à distance. Par l’entremise de ses œuvres. J’adorais son jeu des « lettres ». Comme pour la musique, je ne cherchais pas Le Sens ou La Signification. Il n’y avait que des ouvertures sur des impossibles de « signifiants ». Nous sommes au cinquième degré ! La Signifiance s’invite. Il taquine et me rappelle ce moment. On travrese.

Le monde est autre. L’Univers est autre, lâche Hariri. Quand il part dans ses tirades. Il devient philosophe. « Impossible de revenir à la vie d’avant. Rien ne ressemble plus à rien. Nous sommes en gestation. À tous les étages…! ». Un an en temps de pandémie, on ne sait pas vers où on va. Synthèse ? Pas autant.

Confidence. On lui a demandé de « faire quelque chose sur le temps de la pandémie ». On ne commande pas à un artiste ce qu’il s’efforce de saisir.

L’Etre s’adapte, on verra la suite, tranche Abdellah. La joie et l’espoir en mots d’ordre. L’exposition à venir dévoilera des lumières !

Pour quand ?

L’œil, le pinceau et la vision invitent à tout. Après le virtuel, on attend le réel. Hariri sur les cimaises !

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