L’Algérie à la croisée des chemins : changement de premier ministre au milieu de crises internes et un régime qui exporte ses problèmes vers le Maroc.

L’Algérie à la croisée des chemins : changement de premier ministre au milieu de crises internes et un régime qui exporte ses problèmes vers le Maroc.

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L’Algérie à la croisée des chemins : changement de Premier ministre au milieu de crises internes et d’un régime qui exporte ses problèmes vers le Maroc

Extrait de l’article par Mustafa Filali

Alors que le régime militaire en Algérie continue de projeter ses crises internes vers le Maroc à travers une propagande systématique, la scène politique algérienne traverse une turbulence sans précédent. Cela a été exacerbé par la décision surprise de révoquer le Premier ministre Azzedine Arabawi, remplacé par le ministre de l’Industrie, Saïfi Ghrib, « par intérim ». Cette mesure a suscité un large débat politique et juridique, d’autant plus que la constitution ne prévoit pas de poste de « Premier ministre par intérim », ce qui a conduit certains observateurs à y voir une preuve supplémentaire de la confusion au sein des pouvoirs publics.

Le remaniement gouvernemental a eu lieu sans aucun signe prémonitoire, à un moment où le pays subit des crises sociales aigües, la dernière en date étant la tragédie de l’effondrement d’un autobus dans la vallée d’Hraç. Ce drame a mis en lumière les profonds dysfonctionnements dans la gestion publique. Toutefois, les autorités ont choisi de masquer cette fragilité interne par des manœuvres médiatiques hostiles à l’égard du Maroc, plutôt que de s’atteler à la résolution de leurs problèmes structurels.

Lors de la passation de pouvoir, Saïfi Ghrib s’est présenté comme résolu à mettre en œuvre le programme du président Abdelmadjid Tebboune, tandis que la couverture médiatique massive entourant sa nomination laissait entendre qu’il était le véritable Premier ministre, et non un simple intérimaire. Ainsi, la télévision publique a, par exemple, consacré un long portrait à son parcours académique et professionnel, envoyant un message clair que son maintien à ce poste semblait quasiment assuré.

Ghrib a commencé ses fonctions en participant à une réunion présidentielle de haut niveau, en présence des principaux dirigeants militaires et civils, dont le chef d’état-major, le général Saïd Chengriha. La réunion a abordé des problématiques d’approvisionnement et de régulation du marché national, des dossiers sociaux sensibles avec le début de la rentrée sociale, période traditionnellement marquée par une montée des tensions et des mouvements de protestation.

Derrière toutes ces manœuvres, la réalité politique en Algérie reste extrêmement troublée, où les visages changent sans que les politiques ne varient. Le régime militaire continue d’exploiter la carte de l’ « hostilité envers le Maroc » pour détourner l’attention de l’effondrement social et de la dégradation de la confiance dans ses institutions. Ainsi, cette nomination récente apparaît davantage comme une nouvelle tentative d’évasion vers l’avant qu’un véritable début de réforme.

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