Pressions sur la liquidité des banques marocaines à la fin de 2025, avec des besoins de financement atteignant 129 milliards de dirhams.

Pressions sur la liquidité des banques marocaines à la fin de 2025, avec des besoins de financement atteignant 129 milliards de dirhams.

- in Economie

Les besoins de liquidité dans les banques marocaines ont atteint des niveaux élevés à la fin de l’année 2025, s’établissant à une moyenne hebdomadaire de 128,9 milliards de dirhams, soit une légère augmentation par rapport aux périodes précédentes. Ce chiffre souligne la persistance des pressions structurelles liées à l’augmentation de la circulation de l’argent en dehors des circuits bancaires.

La Direction des études et prévisions financières du ministère de l’Économie et des Finances a indiqué que les besoins de liquidité bancaire ont connu une hausse significative en novembre dernier, atteignant une moyenne hebdomadaire de 128 milliards et 900 millions de dirhams, contre 128 milliards et 100 millions de dirhams lors de la période précédente. Cela confirme la poursuite du déficit structurel en matière de liquidité.

Dans le même registre, le volume moyen des échanges sur le marché interbancaire a chuté de 4,7 % pour s’établir autour de 430 millions de dirhams en novembre. Parallèlement, le taux d’intérêt interbancaire, à un jour, s’est stabilisé depuis le 20 mars dernier, en adéquation avec le taux d’intérêt directeur de Bank Al-Maghrib, maintenu autour de 2,25 % en moyenne.

La direction a aussi précisé que les interventions de Bank Al-Maghrib concernaient principalement des avances à sept jours d’un montant total de 67,6 milliards de dirhams, ainsi que des opérations de rachat à un mois et trois mois d’environ 42,3 milliards de dirhams. En outre, des prêts garantis destinés à soutenir le financement des très petites, petites et moyennes entreprises qui ont atteint un montant total de près de 100 milliards de dirhams ont également été accordés.

Elle a noté dans sa dernière publication sur la conjoncture que le volume des liquidités injectées par Bank Al-Maghrib s’est établi à une moyenne hebdomadaire d’environ 142 milliards de dirhams, limitant ainsi les conséquences du déficit de liquidité sur le marché monétaire.

Ce déficit structurel est attribué, selon des rapports économiques officiels, à la hausse continue de la masse monétaire en circulation en dehors du système bancaire, ce qui représente l’un des principaux défis à la croissance des dépôts. Cela se produit dans un contexte où l’utilisation de l’argent liquide reste largement répandue, notamment dans le secteur du commerce informel, malgré les efforts de numérisation et l’élargissement des moyens de paiement électronique.

Des analystes financiers estiment que le système bancaire continuera de faire face à des pressions de déficit de liquidité tant que les transactions en espèces domineront une part significative des échanges. Toutefois, la capacité d’intervention de Bank Al-Maghrib et la régulation des mécanismes monétaires demeurent des facteurs cruciaux pour éviter tout déséquilibre dans le financement de l’économie, en attendant d’accélérer l’inclusion financière et de réduire l’écart entre la masse monétaire en circulation et les dépôts bancaires.

Dans le cadre du maintien de la stabilité du système financier, Bank Al-Maghrib a intensifié ses interventions sur le marché monétaire pour garantir un approvisionnement adéquat en liquidités pour les banques. Ces interventions ont inclus l’injection de 81,3 milliards de dirhams sous forme d’avances à sept jours, ainsi que 47,6 milliards de dirhams par des opérations de rachat et des prêts garantis à long terme destinés à soutenir les petites et moyennes entreprises.

Ces mesures ont contribué à maintenir un taux d’intérêt interbancaire stable à 2,25 %, sans que les pressions de liquidité n’affectent le coût des crédits accordés aux ménages et aux entreprises.

En revanche, les données montrent que ce déficit coïncide avec une croissance notable du crédit bancaire, les crédits destinés au secteur non financier ayant augmenté de 4,1 %, principalement en raison du financement des besoins de trésorerie des entreprises privées, tout en enregistrant une stabilité relative de la croissance des crédits aux ménages.

Loading

You may also like

Retrait des billets de banque anciens en circulation au Maroc avec possibilité d’échange jusqu’en 2030

Le retrait des billets de banque anciens du