Akhannouch : Le Maroc n’a pas choisi de capituler face à l’effondrement des références économiques internationales
Aziz Akhannouch, président du gouvernement, a déclaré que les références sur lesquelles repose le système économique international se sont effondrées ces dernières années, dans un contexte marqué par le retour de la guerre en Europe et une montée des tensions stratégiques entre les grandes puissances.
Dans un discours prononcé ce mardi lors du Forum économique mondial de Davos, Akhannouch a insisté sur le fait que le Maroc n’a pas opté pour le retrait ou la capitulation dans un monde empreint d’un profond doute, mais a choisi d’adopter des politiques protectionnistes, des réformes et une vision d’avenir.
Il a précisé que cette approche vise à protéger les citoyens dans le cadre d’un État social qui assume pleinement ses responsabilités, tout en réformant les bases économiques fondamentales pour restaurer la confiance, et en consolider la position du Maroc en tant que pôle d’investissement à la croisée de l’Europe, de l’Afrique et de l’océan Atlantique.
Akhannouch a souligné que l’enjeu n’est plus seulement de rechercher les lieux de rendement les plus élevés, mais de construire des parcours plus solides et durables. Il a affirmé que le Maroc, sous la direction du roi Mohammed VI, propose une réponse ambitieuse, simple et globale.
Il a également mentionné que bâtir un destin géopolitique nécessite inévitablement une société cohésive, soulignant que l’État a mis en place, après la pandémie de Covid-19, un bouclier pour protéger les ménages contre la forte hausse des prix, en mobilisant plus de 13 milliards de dollars entre 2021 et 2025 pour maintenir la stabilité des prix des produits de base.
Par ailleurs, il a indiqué qu’environ 1,7 milliard de dollars avaient été alloués à la protection des ménages contre la hausse des tarifs de l’électricité et de l’eau, en précisant que ces mesures avaient permis, sans compromettre les équilibres financiers, de réduire le taux d’inflation de plus de 6 % en 2023 à moins de 1 % en 2024 et 2025, ce qui constitue l’un des plus bas taux de la région.
Akhannouch a noté que le taux de croissance atteindrait 5 % à la fin de 2025, tandis que le déficit budgétaire passerait de 7,1 % en 2020 à 3,5 % en 2025, et que la dette publique diminuerait de 71,4 % en 2022 à 67,4 % en 2025, affirmant que ces indicateurs reflètent la solidité et la résilience de l’économie marocaine.
Il a insisté sur le fait que la durabilité du chantier de l’État social ne peut être réalisée qu’à travers une économie robuste et flexible, en évoquant l’extension de l’assurance maladie obligatoire couvrant plus de 32 millions de personnes, soit environ 88 % de la population, contre 42 % avant la mise en œuvre de cette réforme.
Le Premier ministre a souligné que son gouvernement accorde une attention particulière aux réformes des systèmes de santé et d’éducation, précisant qu’à la demande du roi, les budgets des deux secteurs seraient augmentés d’environ 20 % pour l’année 2026, atteignant environ 13 milliards de dollars, afin de moderniser les infrastructures, d’améliorer la qualité des services et d’augmenter les salaires des cadres.
Il a également affirmé que la protection sociale sans transformation économique profonde reste incomplète, mettant en exergue que les réformes économiques entreprises par le Maroc ont été reconnues internationalement, se traduisant par le retrait de la liste grise du Groupe d’experts de l’action financière, la restauration de la note de crédit d’investissement et l’octroi à la nation d’une ligne de crédit flexible du Fonds monétaire international d’un montant de 4,5 milliards de dollars à des fins préventives.
Il a précisé que les investissements directs étrangers ont atteint, en 2025, un niveau record avoisinant les 5 milliards de dollars, alors que le monde subit une baisse des flux de capitaux, affirmant que le Maroc a choisi de progresser simultanément sur les plans social et économique.
Sur le plan logistique, Akhannouch a indiqué que le Maroc a renforcé sa position en tant que point de connexion stratégique, grâce au port Tanger Med et aux nouveaux complexes portuaires et industriels, en plus du développement des réseaux routiers, ferroviaires et numériques, ainsi que du futur raccordement gazier.
Il a également confirmé que le royaume a choisi de jouer un rôle dans la transition énergétique, avec plus de 46 % de la capacité installée de production d’électricité provenant de sources renouvelables d’ici fin 2025, avec une prévision de dépasser l’objectif de 52 % avant 2030, ainsi que l’engagement dans des projets d’hydrogène vert.
Pour conclure, le président du gouvernement a réaffirmé que l’adoption par le Conseil de sécurité de la résolution n° 2797 le 31 octobre 2025 constitue un message clair pour la communauté internationale, reconnaissant l’initiative marocaine d’autonomie pour les régions du Sud comme base des négociations, dans le respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale du royaume.

