Alerte à la sécurité… dans un pays qui enseigne la sécurité au monde

Alerte à la sécurité… dans un pays qui enseigne la sécurité au monde

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Communiqué se plaignant de l’insécurité… dans un pays qui enseigne la sécurité au monde

Il est à la fois amusant et paradoxal de voir des « préoccupations sécuritaires » exprimées dans un message officiel, alors que les faits sur le terrain, les reconnaissances internationales, et même le texte du message lui-même disent exactement le contraire.

Comment peut-on parler d’inquiétude sécuritaire à Rabat, alors que la capitale marocaine a accueilli, en marge de la Coupe d’Afrique des nations, un colloque international sur la sécurité des événements sportifs, en présence des Nations Unies, de la FIFA et de l’UEFA ? Est-il raisonnable de douter des capacités d’un pays choisi par ces institutions pour partager son expérience, et non pour être évalué ou testé ?

Le plus ironique, c’est que ce « pays source d’inquiétude », selon la logique du message, est le même qui est présenté, comme l’a souligné l’expert Nizar Dardabi, en tant qu’allié important au sein des systèmes de sécurité internationale, et modèle à suivre dans la gestion des risques liés aux grands événements.

Pour ceux en quête de paradoxes supplémentaires, ce modèle sécuritaire marocain, reconnu pour son efficacité dans la lutte contre le terrorisme et la criminalité organisée, n’est plus simplement sujet d’éloges médiatiques, mais a donné lieu à des accords de renseignement récemment signés avec Paris, Berlin et Madrid le 8 janvier. Autrement dit, des pays qui évaluent la sécurité en termes de chiffres, de risques et de scénarios — et non d’impressions — ont choisi de renforcer leur partenariat avec le Maroc.

La scène s’est clôturée en novembre 2025, lorsque le royaume a accueilli la 93e Assemblée générale d’Interpol. La question se pose donc légitimement : est-il raisonnable de confier à un pays l’accueil de l’instance policière la plus élevée au monde, puis de douter soudainement de sa capacité à sécuriser un entraînement d’équipe de football ?

Et le plus cocasse dans tout cela, c’est que le communiqué d’accusation se charge lui-même de contredire son propre contenu. Il évoque des inquiétudes, puis confirme le renforcement des mesures de sécurité ; il laisse sous-entendre une confusion, puis admet garantir la tranquillité et la sécurité ; il soulève la question de la programmation, avant d’attester du lieu et du moment des entraînements ; et il conclut en saluant l’intervention du président de la Fédération royale marocaine de football, louant l’esprit de fraternité et de coopération.

En d’autres termes, le message a débuté par un soupçon et s’est terminé par une attestation de bon comportement.

S’il existait un prix pour le communiqué le plus contradictoire, ce message serait un fort candidat. En effet, il est difficile d’accuser une réalité tout en la louant dans les mêmes lignes, sauf si l’objectif est de gérer une impression temporaire interne, et non de décrire une réalité sur le terrain.

La conclusion, à la fois sarcastique et douloureuse, est que lorsque le communiqué contredit la réalité, les institutions internationales, et son propre contenu interne… l’erreur ne vient pas de la sécurité, mais du communiqué.

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